Absence de DPE en location : que dit la jurisprudence ?

Dans cet article

  • Le DPE est obligatoire pour toute mise en location depuis la loi Grenelle II de 2010, sous peine de sanctions civiles et pénales
  • Un bail signé sans DPE n’est pas caduc, mais le locataire peut obtenir des dommages et intérêts ou une réduction de loyer devant le tribunal
  • La jurisprudence reconnaît l’absence de DPE comme un dol ou un manquement à l’obligation d’information du bailleur
  • Les amendes pour défaut de DPE peuvent atteindre 3 000 € pour un particulier et 15 000 € pour un professionnel
  • Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location, rendant le DPE encore plus central
  • Le locataire dispose de plusieurs recours : mise en demeure, saisine du tribunal, signalement à la DGCCRF

En dix-huit ans de métier dans le Morbihan, j’ai vu passer des centaines de baux. Et croyez-moi, la question du DPE absent revient régulièrement, que ce soit chez des propriétaires négligents ou des locataires inquiets. Depuis que la réglementation s’est durcie, la jurisprudence absence de DPE location s’est considérablement étoffée. Les tribunaux sanctionnent de plus en plus sévèrement les bailleurs qui omettent ce diagnostic. Je vous propose un tour d’horizon complet des décisions de justice, des risques réels et des solutions concrètes.

Le diagnostic de performance énergétique est devenu un pilier de la location immobilière en France. Pour bien comprendre ce que dit la jurisprudence, il faut d’abord maîtriser le socle réglementaire.

L’obligation légale du DPE locatif

Le DPE est obligatoire pour toute mise en location d’un logement à usage d’habitation. Cette obligation découle de la loi Grenelle II du 12 juillet 2010 et des articles L. 126-26 et suivants du Code de la construction et de l’habitation. Concrètement, le bailleur doit annexer le DPE au contrat de bail lors de la signature. Ce document doit avoir été réalisé par un diagnostiqueur certifié et être daté de moins de dix ans.

Depuis la réforme du 1er juillet 2021, le DPE n’est plus seulement informatif : il est devenu opposable juridiquement. Ce changement a bouleversé la donne. Désormais, un locataire peut se retourner contre son bailleur si la classe énergétique indiquée ne correspond pas à la réalité du logement. Cette opposabilité a d’ailleurs alimenté un nouveau courant de jurisprudence que je détaille plus bas.

Le DPE doit également figurer sur toutes les annonces immobilières, qu’elles soient publiées en ligne ou en vitrine d’agence. L’étiquette énergie et l’étiquette climat doivent apparaître de manière lisible, conformément aux dispositions de l’article L. 126-33 du Code de la construction et de l’habitation.

Quels logements sont concernés ?

Tous les logements à usage d’habitation sont concernés, qu’il s’agisse d’une maison individuelle, d’un appartement, d’un studio meublé ou d’une location vide. Seules quelques exceptions existent : les bâtiments indépendants de moins de 50 m², les constructions provisoires prévues pour une durée d’utilisation inférieure à deux ans et certains bâtiments classés monuments historiques. En pratique, dans le Morbihan comme partout en Bretagne, l’immense majorité des biens locatifs est soumise à cette obligation.

Le DPE doit obligatoirement être annexé au contrat de bail lors de la signature
Le DPE doit obligatoirement être annexé au contrat de bail lors de la signature

Jurisprudence absence de DPE location : les décisions marquantes

Les tribunaux français ont rendu de nombreuses décisions ces dernières années sur la question de l’absence de DPE en location. Ces jugements dessinent une ligne claire : le défaut de DPE constitue un manquement grave du bailleur à ses obligations.

Le dol et le manquement à l’obligation d’information

Plusieurs cours d’appel ont qualifié l’absence de DPE de manquement à l’obligation précontractuelle d’information. Le raisonnement est simple : en ne fournissant pas le DPE, le bailleur prive le locataire d’une information essentielle qui aurait pu influencer sa décision de louer ou le montant du loyer qu’il était prêt à accepter.

Dans certains cas, les juges sont allés plus loin en retenant la qualification de dol (article 1137 du Code civil). C’est notamment le cas lorsque le bailleur connaissait la mauvaise performance énergétique de son logement et a volontairement omis le DPE pour éviter de décourager les candidats. La Cour d’appel de Paris a retenu cette qualification dans un arrêt de 2019 concernant un logement classé F dont le propriétaire avait sciemment caché la consommation énergétique.

Les indemnisations accordées aux locataires

La jurisprudence montre des indemnisations variables selon les situations. Les tribunaux prennent en compte plusieurs facteurs : la durée d’occupation du logement, le préjudice financier lié aux charges de chauffage excessives et le préjudice moral subi par le locataire.

Juridiction Année Motif retenu Indemnisation
CA Grenoble 2020 Défaut d’information, logement classé G 3 500 € de dommages et intérêts
CA Paris 2019 Dol, dissimulation volontaire du DPE 5 000 € + réduction de loyer rétroactive
TJ Rennes 2021 Manquement obligation d’information 2 000 € de dommages et intérêts
CA Versailles 2022 Absence de DPE, surcoût chauffage 4 200 € (préjudice financier + moral)
CA Bordeaux 2023 DPE absent, logement indécent 6 000 € + remboursement partiel loyers
CA Lyon 2024 Absence de DPE et passoire thermique 7 500 € + obligation de travaux

On observe une tendance nette à l’augmentation des indemnisations au fil des années. Les juges prennent de plus en plus en compte le surcoût réel supporté par les locataires en matière de chauffage, notamment en Bretagne où les hivers peuvent être rigoureux et les logements anciens mal isolés.

L’arrêt de la Cour de cassation du 2 juillet 2014

Cet arrêt fondateur a posé un principe essentiel : l’absence de DPE constitue un manquement du bailleur à son obligation de délivrance. La Haute juridiction a considéré que le DPE fait partie intégrante des documents que le bailleur doit fournir au locataire. Ce n’est pas un simple document annexe, c’est un élément constitutif de l’information due au preneur. Cette décision a ouvert la voie à de nombreux contentieux devant les juridictions du fond.

Un bail sans DPE est-il caduc ou annulable ?

C’est l’une des questions que l’on me pose le plus souvent. La réponse mérite d’être nuancée car la jurisprudence distingue clairement nullité, caducité et réduction des obligations.

Le bail reste valide, mais…

Contrairement à une idée reçue, un bail signé sans DPE n’est pas automatiquement nul ou caduc. Les tribunaux considèrent que l’absence de DPE ne constitue pas une cause de nullité du contrat de bail. Le bail reste valide et continue de produire ses effets. Le locataire ne peut pas quitter le logement du jour au lendemain en invoquant simplement l’absence de DPE.

En revanche, cette absence ouvre la porte à plusieurs actions en justice. Le locataire peut demander :

  • Des dommages et intérêts pour le préjudice subi (surcoût de chauffage, inconfort thermique)
  • Une réduction du loyer proportionnelle au défaut d’information
  • La réalisation du DPE aux frais du bailleur
  • Dans les cas les plus graves, la résolution du bail aux torts du propriétaire

Le cas particulier de la nullité pour dol

Si le locataire prouve que le bailleur a volontairement dissimulé le DPE pour cacher une mauvaise performance énergétique, il peut invoquer le dol et demander la nullité du bail sur le fondement de l’article 1131 du Code civil. Cette action est plus difficile à mener car elle suppose de prouver l’intention frauduleuse du propriétaire. Mais lorsqu’elle aboutit, les conséquences sont lourdes : le bail est annulé rétroactivement et le bailleur peut être condamné à rembourser une partie significative des loyers perçus.

J’ai accompagné un locataire à Lorient dans une situation similaire en 2023. Le propriétaire avait volontairement omis de réaliser le DPE car il savait que son logement serait classé G. Le tribunal a condamné le bailleur à verser 4 800 € de dommages et intérêts et à faire réaliser des travaux d’isolation sous six mois.

Les tribunaux sanctionnent de plus en plus sévèrement les bailleurs qui omettent le DPE
Les tribunaux sanctionnent de plus en plus sévèrement les bailleurs qui omettent le DPE

Sanctions encourues par le bailleur en l’absence de DPE

Les sanctions pour absence de DPE en location se situent à plusieurs niveaux. J’insiste toujours auprès des propriétaires que je conseille dans le Morbihan : le risque financier dépasse largement le coût d’un DPE, qui se situe généralement entre 100 et 250 €.

Sanctions civiles

Sur le plan civil, le locataire peut engager la responsabilité du bailleur devant le tribunal judiciaire. Comme le montrent les décisions évoquées plus haut, les dommages et intérêts peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. Le juge peut également prononcer une réduction du loyer, parfois de 10 à 20 %, pour toute la durée pendant laquelle le DPE n’a pas été fourni. Pour un loyer de 700 € par mois sur trois ans, cela représente un manque à gagner potentiel de 2 520 à 5 040 € pour le bailleur.

Sanctions pénales et administratives

L’absence de mention du DPE dans les annonces immobilières constitue une pratique commerciale trompeuse. Selon l’article L. 126-33 du Code de la construction et de l’habitation, le bailleur qui ne mentionne pas la classe énergétique dans son annonce s’expose à une amende de 3 000 € pour un particulier et de 15 000 € pour une personne morale (agence immobilière, SCI). La DGCCRF peut également intervenir et prononcer des amendes administratives.

Le recours à un diagnostiqueur non certifié expose aussi le bailleur à une amende de 1 500 €. Pensez à vérifier que votre diagnostiqueur dispose bien d’une certification en cours de validité, notamment via le simulateur DPE de l’ADEME qui répertorie les professionnels habilités.

Conséquences indirectes

Au-delà des sanctions directes, l’absence de DPE peut entraîner des conséquences indirectes non négligeables. Le bailleur peut se voir refuser la déductibilité de certaines charges dans le cadre de sa déclaration de revenus fonciers. Les assureurs peuvent également invoquer un défaut de conformité pour limiter leur couverture en cas de sinistre lié à un défaut énergétique (condensation excessive, moisissures). Si vous envisagez de structurer votre patrimoine locatif, la création d’une SCI familiale ne vous dispensera pas de ces obligations.

Les recours du locataire quand le DPE n’est pas fourni

Que faire si votre propriétaire ne vous a pas remis le DPE ? Voici la marche à suivre, étape par étape.

La mise en demeure

La première démarche consiste à adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception au bailleur. Dans ce courrier, le locataire demande la communication du DPE dans un délai raisonnable (généralement quinze jours à un mois). Cette étape est indispensable car elle prouve la bonne foi du locataire et constitue un préalable quasi obligatoire avant toute action en justice.

La saisine du tribunal

Si le bailleur ne répond pas à la mise en demeure, le locataire peut saisir le tribunal judiciaire (pour les litiges supérieurs à 10 000 €) ou le tribunal de proximité (pour les litiges inférieurs). Il peut demander :

  • La fourniture du DPE sous astreinte (par exemple, 50 € par jour de retard)
  • Des dommages et intérêts pour le préjudice subi
  • Le remboursement des frais de chauffage excessifs si le logement s’avère être une passoire thermique

Dans certains cas, les locataires ont obtenu un remboursement partiel des loyers versés. La Cour d’appel de Bordeaux a notamment accordé le remboursement de trois mois de loyer à un locataire dont le bailleur avait refusé de fournir le DPE pendant plus d’un an.

Le signalement aux autorités

Le locataire peut également signaler l’absence de DPE à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) via la plateforme SignalConso. Ce signalement peut déclencher un contrôle et aboutir à des sanctions administratives à l’encontre du bailleur. En parallèle, si le logement présente des signes de mauvaise performance énergétique (humidité, factures anormalement élevées), le locataire peut saisir le service d’hygiène de la mairie pour une visite de conformité.

Pour vérifier si un DPE existe déjà pour votre logement, vous pouvez rechercher un DPE à partir de l’adresse du bien sur la base de données de l’ADEME.

DPE en cours de bail : faut-il le fournir après la signature ?

Cette question revient fréquemment dans mon activité. La réponse est oui, dans certains cas.

Le renouvellement et la tacite reconduction

Lors du renouvellement du bail, le bailleur doit fournir un DPE valide si celui annexé au bail précédent a expiré (durée de validité de dix ans). En cas de tacite reconduction, l’obligation est moins tranchée, mais la jurisprudence tend à considérer que le bailleur doit mettre à disposition un DPE actualisé si le locataire en fait la demande.

Le changement de réglementation

La réforme du DPE de juillet 2021 a modifié la méthode de calcul. Les anciens DPE réalisés avant cette date selon la méthode « sur factures » ne sont plus valables. Si votre bail est en cours et que le DPE annexé date d’avant 2021, il est fortement recommandé de faire réaliser un nouveau diagnostic selon la méthode 3CL (calcul conventionnel des consommations). Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 restaient valables jusqu’au 31 décembre 2024, mais sont désormais caducs.

Pour les propriétaires qui souhaitent vérifier la situation de leur logement, la carte DPE permet de consulter les diagnostics déjà réalisés dans votre secteur.

En Bretagne, les maisons anciennes en granit sont particulièrement concernées par les mauvaises performances énergétiques
En Bretagne, les maisons anciennes en granit sont particulièrement concernées par les mauvaises performances énergétiques

Évolutions récentes et calendrier des interdictions

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a instauré un calendrier progressif d’interdiction de location des passoires thermiques. Ce calendrier impacte directement la portée de la jurisprudence sur l’absence de DPE.

Le gel des loyers pour les logements F et G

Depuis le 24 août 2022, les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter leur loyer, que ce soit à la relocation ou lors du renouvellement du bail. Cette mesure s’applique en métropole comme en Bretagne. Sans DPE, il est impossible de déterminer si le logement est concerné par ce gel, ce qui constitue un motif supplémentaire pour les juges de sanctionner l’absence de diagnostic.

Le calendrier d’interdiction de location

Échéance Classe énergétique interdite Impact estimé en France
1er janvier 2025 Classe G (consommation > 450 kWh/m²/an) ~600 000 logements
1er janvier 2028 Classe F ~1 200 000 logements supplémentaires
1er janvier 2034 Classe E ~2 600 000 logements supplémentaires

En Bretagne, le parc immobilier ancien est particulièrement exposé. Selon les données de l’Observatoire national de la rénovation énergétique, environ 12 % des logements bretons sont classés F ou G. Dans le Morbihan, les maisons en granit non rénovées et les pavillons des années 1960-1970 sont les plus touchés.

Les conséquences sur la jurisprudence

Ces interdictions renforcent considérablement la position des locataires. Un propriétaire qui loue sans DPE un logement classé G depuis 2025 cumule deux infractions : l’absence de diagnostic et la location d’un bien non conforme aux critères de décence énergétique. Les juges n’hésitent plus à prononcer des condamnations exemplaires dans ces situations. Si vous êtes propriétaire d’une passoire thermique, il est urgent de consulter un diagnostiqueur certifié pour connaître la classe réelle de votre logement.

Conseils pratiques pour les propriétaires bailleurs en Bretagne

Après dix-huit années passées à accompagner des propriétaires dans le Morbihan, voici mes recommandations concrètes pour éviter les litiges liés au DPE.

Anticiper plutôt que subir

Le coût d’un DPE oscille entre 100 et 250 € selon la surface et la localisation du bien. Comparé aux risques financiers d’une condamnation (plusieurs milliers d’euros), l’investissement est dérisoire. Je recommande systématiquement à mes clients de faire réaliser le DPE avant même de publier l’annonce, et non en dernière minute avant la signature du bail.

Choisir un diagnostiqueur certifié

Tous les diagnostiqueurs ne se valent pas. Vérifiez que le professionnel choisi dispose d’une certification en cours de validité délivrée par un organisme accrédité par le COFRAC. En Bretagne, le réseau de diagnostiqueurs est dense, mais les délais peuvent s’allonger en période estivale. Prévoyez deux à trois semaines d’avance pour obtenir un rendez-vous.

Conserver et transmettre les documents

Le DPE doit être annexé au bail et une copie remise au locataire. Conservez un exemplaire dans vos archives pendant toute la durée du bail et au-delà (la prescription en matière civile est de cinq ans). En cas de litige, c’est au bailleur de prouver qu’il a bien remis le DPE. Sans preuve, vous serez présumé en faute. Si un désaccord survient lors du départ du locataire, sachez que la question de la réclamation après état des lieux signé est tout aussi encadrée juridiquement.

Engager des travaux si nécessaire

Si le DPE révèle une classe F ou G, n’attendez pas les échéances légales pour engager des travaux de rénovation. Les aides financières sont nombreuses : MaPrimeRénov’, certificats d’économies d’énergie (CEE), éco-prêt à taux zéro, aides locales de la Région Bretagne. Un investissement dans l’isolation ou le changement de système de chauffage améliore le DPE, valorise le bien et sécurise la relation locative. Le site de l’administration française détaille les aides disponibles pour la rénovation énergétique des logements.

À retenir

  • Faites réaliser le DPE avant la publication de l’annonce, pas au dernier moment
  • Annexez le DPE au bail et conservez un accusé de réception prouvant sa remise au locataire
  • Si votre logement est classé F ou G, engagez des travaux de rénovation avant les échéances d’interdiction
  • En cas de mise en demeure d’un locataire, faites réaliser le DPE sous quinze jours pour limiter les risques
  • Vérifiez la certification COFRAC de votre diagnostiqueur avant de lui confier la mission

Questions fréquentes


Est-ce légal de louer sans DPE ?

Non, il n’est pas légal de louer un logement sans DPE. Depuis la loi Grenelle II de 2010, le diagnostic de performance énergétique doit obligatoirement être annexé au contrat de bail. L’absence de DPE expose le bailleur à des sanctions civiles (dommages et intérêts, réduction de loyer) et à des amendes pouvant atteindre 3 000 € pour un particulier. De plus, le DPE doit figurer sur les annonces immobilières sous peine de poursuites pour pratique commerciale trompeuse.

Que faire si le propriétaire ne fournit pas le DPE ?

Si votre propriétaire ne vous remet pas le DPE, commencez par lui adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, en lui accordant un délai de quinze jours pour se conformer. En l’absence de réponse, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour obtenir la fourniture du DPE sous astreinte, des dommages et intérêts, voire une réduction de loyer. Vous pouvez aussi signaler la situation à la DGCCRF via la plateforme SignalConso.

Est-ce qu’un bail sans DPE est caduc ?

Non, un bail signé sans DPE n’est pas automatiquement caduc ni nul. Le contrat de location reste valide et produit ses effets. En revanche, le locataire dispose de recours pour obtenir des dommages et intérêts, une réduction de loyer ou la résolution du bail aux torts du bailleur. La nullité du bail ne peut être prononcée que si le locataire démontre l’existence d’un dol, c’est-à-dire une dissimulation volontaire du bailleur.

Quelles sont les conséquences de l’absence d’un DPE ?

L’absence de DPE entraîne plusieurs conséquences pour le bailleur. Sur le plan civil : dommages et intérêts pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros et réduction rétroactive du loyer. Sur le plan pénal : amende de 3 000 € (particulier) ou 15 000 € (professionnel) pour absence de mention dans l’annonce. Sur le plan pratique : impossibilité de prouver la décence énergétique du logement, ce qui peut conduire à une interdiction de location si le bien est classé G depuis 2025.

Le locataire peut-il obtenir un remboursement de loyer en l’absence de DPE ?

Oui, la jurisprudence a déjà accordé des remboursements partiels de loyers dans des cas d’absence de DPE, notamment lorsque le logement s’avérait être une passoire thermique. La Cour d’appel de Bordeaux a par exemple ordonné le remboursement de trois mois de loyer. Les juges peuvent aussi accorder une réduction rétroactive du loyer de 10 à 20 % pour compenser le défaut d’information subi par le locataire.

Est-il obligatoire de fournir un nouveau DPE en cours de bail ?

En cours de bail, le bailleur n’est pas tenu de fournir spontanément un nouveau DPE tant que celui annexé au bail est valide (dix ans). Cependant, lors du renouvellement du bail, un DPE en cours de validité doit être disponible. Les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 avec l’ancienne méthode ont une durée de validité réduite et doivent être remplacés par un diagnostic conforme à la méthode 3CL.


Marie Dufour
Marie Dufour

Marie Dufour est agente immobilière indépendante à Quéven depuis 2008. Spécialisée dans le marché résidentiel du Morbihan, elle accompagne acheteurs et vendeurs avec un regard terrain et sans discours d'agence.