Donation en nue-propriété avec usufruit : tout savoir

Dans cet article

  • La donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit permet de transmettre un bien tout en continuant à l’habiter ou à percevoir les loyers
  • Le barème fiscal de l’usufruit varie de 10 % à 90 % selon l’âge du donateur au moment de l’acte
  • Les frais de notaire représentent environ 1,5 % à 2,5 % de la valeur de la nue-propriété transmise
  • Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € par enfant tous les 15 ans en franchise de droits
  • Au décès de l’usufruitier, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans aucun droit de succession supplémentaire
  • Réaliser cette donation avant 71 ans optimise significativement la fiscalité grâce à une décote plus importante

En tant qu’agente immobilière à Quéven depuis 2008, je suis régulièrement sollicitée par des propriétaires qui souhaitent anticiper la transmission de leur patrimoine immobilier. La donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit est l’un des dispositifs que je recommande le plus souvent à mes clients du Morbihan. Elle permet de transmettre un bien à ses enfants tout en continuant à l’occuper ou à en percevoir les revenus. C’est un mécanisme juridique encadré par le Code civil, notamment les articles 578 à 624, qui mérite d’être bien compris avant de se lancer.

Qu’est-ce qu’une donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit ?

Pour bien comprendre ce mécanisme, il faut d’abord saisir la notion de démembrement de propriété. En droit français, la pleine propriété d’un bien se compose de deux éléments distincts :

  • L’usufruit : c’est le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus (loyers par exemple)
  • La nue-propriété : c’est le droit de disposer du bien, c’est-à-dire d’en être le propriétaire « sur le papier », sans pouvoir l’utiliser ni en tirer des revenus

Lorsque vous réalisez une donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit, vous transmettez la nue-propriété de votre bien à vos enfants (ou à un autre bénéficiaire) tout en conservant l’usufruit. Concrètement, vous continuez à vivre dans votre maison ou à encaisser les loyers si le bien est loué. Au jour de votre décès, l’usufruit s’éteint automatiquement et le nu-propriétaire devient plein propriétaire, sans aucune formalité supplémentaire ni droits de succession à régler sur ce bien.

Je constate dans ma pratique quotidienne que cette solution rassure particulièrement les propriétaires bretons qui possèdent leur résidence principale et souhaitent la transmettre sans perdre leur cadre de vie. C’est un sujet que j’aborde souvent en lien avec les questions de fiscalité locale comme la taxe d’habitation.

Une maison bretonne typique, un bien souvent transmis par donation en nue-propriété dans le Morbihan
Une maison bretonne typique, un bien souvent transmis par donation en nue-propriété dans le Morbihan

Quel est l’intérêt d’une donation avec réserve d’usufruit ?

Les avantages de ce dispositif sont multiples, et c’est ce qui explique son succès auprès de mes clients :

Une fiscalité très avantageuse. Les droits de donation ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété, et non sur la valeur totale du bien. Plus vous réalisez la donation jeune, plus la valeur de la nue-propriété est faible, et donc plus les droits sont réduits. Par exemple, si vous avez entre 51 et 60 ans, la nue-propriété ne représente que 50 % de la valeur du bien.

Un maintien total de vos droits. Vous conservez l’usage du bien : vous pouvez y habiter, le prêter à un proche ou le mettre en location. Les loyers vous reviennent intégralement. Votre quotidien ne change absolument pas.

Une transmission progressive et apaisée. Plutôt que d’attendre le décès pour que la succession s’ouvre, vous organisez la transmission de votre vivant. Cela évite les conflits familiaux et permet à vos enfants de se projeter. J’ai accompagné de nombreuses familles du Morbihan dans cette démarche, et je peux vous dire que le dialogue autour du patrimoine est toujours bénéfique.

L’extinction gratuite de l’usufruit. Au décès de l’usufruitier, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans payer de droits de succession sur le bien donné. C’est un point fondamental que beaucoup de propriétaires ignorent.

Le renouvellement de l’abattement. L’abattement de 100 000 € par parent et par enfant se renouvelle tous les 15 ans. Une donation anticipée permet donc éventuellement de bénéficier de cet abattement une seconde fois avant la succession.

Barème fiscal de l’usufruit et de la nue-propriété

Le barème fiscal qui détermine la répartition entre usufruit et nue-propriété est fixé par l’article 669 du Code général des impôts. Il est directement lié à l’âge de l’usufruitier (le donateur) au moment de la donation :

Âge de l’usufruitier Valeur de l’usufruit Valeur de la nue-propriété
Moins de 21 ans 90 % 10 %
De 21 à 30 ans 80 % 20 %
De 31 à 40 ans 70 % 30 %
De 41 à 50 ans 60 % 40 %
De 51 à 60 ans 50 % 50 %
De 61 à 70 ans 40 % 60 %
De 71 à 80 ans 30 % 70 %
De 81 à 90 ans 20 % 80 %
Plus de 91 ans 10 % 90 %

Ce barème est essentiel pour comprendre l’optimisation fiscale. Plus le donateur est jeune, plus la valeur de l’usufruit est élevée, et donc plus la valeur taxable de la nue-propriété est faible. C’est pourquoi je conseille toujours à mes clients de ne pas attendre trop longtemps pour engager cette réflexion.

Quels sont les frais pour une donation en nue-propriété ?

La question des frais revient systématiquement lors de mes rendez-vous. Voici un récapitulatif complet des coûts à prévoir pour une donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit :

Les droits de donation. Ils sont calculés sur la valeur de la nue-propriété (et non sur la valeur totale du bien) après application des abattements. Pour une donation en ligne directe (parent vers enfant), l’abattement est de 100 000 € par parent et par enfant. Si la valeur de la nue-propriété est inférieure à cet abattement, aucun droit n’est dû. Au-delà, le barème progressif s’applique, de 5 % à 45 % selon les tranches.

Les frais de notaire. L’acte de donation doit obligatoirement être reçu par un notaire. Les émoluments du notaire sont réglementés et se calculent sur la valeur de la nue-propriété transmise. Comptez environ 1,5 % à 2,5 % de cette valeur, avec un minimum d’environ 1 500 €. S’y ajoutent la taxe de publicité foncière (0,71498 %) et la contribution de sécurité immobilière (0,10 %).

Type de frais Base de calcul Montant indicatif
Émoluments du notaire Valeur de la nue-propriété 1,5 % à 2,5 %
Taxe de publicité foncière Valeur de la nue-propriété 0,71498 %
Contribution de sécurité immobilière Valeur de la nue-propriété 0,10 %
Droits de donation (après abattement) Nue-propriété moins abattement 5 % à 45 % selon tranches
Frais divers (copies, formalités) Forfaitaire 200 à 500 €

Pour un bien estimé à 300 000 € transmis par un donateur de 62 ans à son enfant unique, la nue-propriété représente 60 %, soit 180 000 €. Après abattement de 100 000 €, les droits portent sur 80 000 €. Le coût total (droits + notaire) se situe alors aux alentours de 12 000 à 15 000 €, contre des droits de succession bien plus élevés en l’absence de donation. Si vous envisagez un investissement locatif financé par emprunt, la donation en nue-propriété peut aussi s’intégrer dans une stratégie patrimoniale globale.

Le calcul des frais de donation repose sur la valeur de la nue-propriété selon le barème fiscal
Le calcul des frais de donation repose sur la valeur de la nue-propriété selon le barème fiscal

Exemple concret d’une donation avec réserve d’usufruit

Prenons le cas de Monsieur et Madame Kernec, un couple de Quéven que j’ai accompagné récemment (les noms ont été modifiés). Ils possèdent une maison estimée à 250 000 € et souhaitent la transmettre à leurs deux enfants.

Monsieur a 58 ans, Madame a 55 ans. Ils décident de réaliser la donation ensemble, chacun transmettant sa moitié de nue-propriété. Comme les deux donateurs ont entre 51 et 60 ans, la nue-propriété représente 50 % de la valeur du bien.

  • Valeur totale du bien : 250 000 €
  • Valeur de la nue-propriété : 250 000 × 50 % = 125 000 €
  • Part de chaque parent : 125 000 / 2 = 62 500 €
  • Part reçue par chaque enfant de chaque parent : 62 500 / 2 = 31 250 €
  • Abattement applicable : 100 000 € par parent et par enfant

Résultat : la part taxable de chaque enfant vis-à-vis de chaque parent est de 31 250 €, soit largement en dessous de l’abattement de 100 000 €. Aucun droit de donation n’est dû. Seuls les frais de notaire sont à régler, soit environ 3 500 à 5 000 € pour l’ensemble de l’opération.

Le jour du décès du dernier des deux parents, les enfants deviendront automatiquement pleins propriétaires, sans rien payer de plus. Si le bien vaut alors 350 000 €, ils auront économisé potentiellement plusieurs dizaines de milliers d’euros de droits de succession.

Cet exemple illustre bien pourquoi la donation en nue-propriété est un outil particulièrement adapté au marché breton, où les prix immobiliers restent raisonnables par rapport à d’autres régions. Pour vous faire une idée des biens disponibles, consultez notre sélection de maisons à acheter dans le Morbihan.

Quels sont les inconvénients de la donation en nue-propriété ?

Il serait malhonnête de ma part de ne présenter que les avantages. La donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit comporte aussi des limites qu’il faut connaître :

L’irrévocabilité de la donation. Une fois l’acte signé chez le notaire, il est pratiquement impossible de revenir en arrière, sauf dans des cas très exceptionnels prévus par la loi (ingratitude du donataire, non-exécution des charges). Vous ne pourrez plus vendre le bien seul : il faudra l’accord du nu-propriétaire. C’est un point que je souligne systématiquement à mes clients.

La répartition des charges. L’usufruitier doit assumer les charges d’entretien courant et les réparations locatives. Le nu-propriétaire supporte en principe les grosses réparations (toiture, murs de soutènement, voûtes). En pratique, cette répartition peut générer des tensions familiales, surtout si les travaux nécessaires sont importants. Avant de donner un bien, je recommande de faire réaliser un diagnostic énergétique pour anticiper les éventuels travaux à prévoir.

La perte de flexibilité patrimoniale. Si vous avez besoin de vendre le bien pour financer votre entrée en maison de retraite ou faire face à un imprévu financier, la situation se complique considérablement. Il faudra obtenir l’accord de tous les nus-propriétaires, et le produit de la vente devra être partagé.

L’impact sur les aides sociales. La donation peut être prise en compte dans le cadre de l’obligation alimentaire ou du recours sur donation par le département si vous devez bénéficier de l’aide sociale à l’hébergement en établissement.

Les risques de mésentente familiale. Si les relations avec vos enfants se détériorent après la donation, la situation peut devenir très inconfortable. Vous restez usufruitier, mais le bien appartient juridiquement à vos enfants en nue-propriété.

Donation avec réserve d’usufruit et conjoint survivant

La question de la protection du conjoint survivant est centrale dans toute stratégie de transmission. Je vois régulièrement des couples s’interroger sur ce point à Quéven et dans tout le Morbihan.

Il est tout à fait possible de prévoir une clause de réversion d’usufruit au profit du conjoint survivant dans l’acte de donation. Concrètement, si l’un des deux époux décède, son usufruit ne s’éteint pas : il se reporte automatiquement sur le conjoint survivant. Ce dernier continue donc à habiter le bien ou à en percevoir les loyers.

Cette clause est exonérée de droits de succession entre époux depuis la loi TEPA de 2007. C’est un avantage considérable qui renforce encore l’intérêt de la donation en nue-propriété pour les couples.

Attention toutefois : si la donation est faite par les deux époux ensemble (donation conjointe), chaque époux donne sa quote-part de nue-propriété. La réversion d’usufruit doit être expressément prévue dans l’acte notarié. Je recommande systématiquement à mes clients de vérifier ce point avec leur notaire, tout comme il est essentiel de vérifier les mentions d’un acte de vente concernant les servitudes avant toute transaction.

La donation en nue-propriété permet de transmettre son patrimoine tout en préservant l'harmonie familiale
La donation en nue-propriété permet de transmettre son patrimoine tout en préservant l’harmonie familiale

Donation en nue-propriété après 70 ans : est-ce encore intéressant ?

C’est une question que l’on me pose fréquemment. La réponse est nuancée. Après 70 ans, la donation reste parfaitement possible et peut encore présenter un intérêt, mais l’avantage fiscal est moins prononcé.

Entre 71 et 80 ans, la nue-propriété représente 70 % de la valeur du bien (contre 50 % entre 51 et 60 ans). La base taxable est donc plus élevée, ce qui réduit l’économie réalisée par rapport à une succession classique.

Cependant, la donation après 70 ans reste intéressante dans plusieurs situations :

  • Le bien a une valeur inférieure à l’abattement disponible (en tenant compte des donations antérieures de moins de 15 ans)
  • Vous souhaitez figer la valeur du bien au jour de la donation pour éviter que la plus-value future ne soit taxée dans la succession
  • Vous souhaitez organiser la répartition de votre patrimoine entre vos enfants de votre vivant
  • Vous voulez sécuriser votre conjoint grâce à la clause de réversion d’usufruit

Mon conseil : ne renoncez pas à la donation simplement parce que vous avez dépassé 70 ans. Faites chiffrer l’opération par votre notaire et comparez le coût de la donation avec celui d’une succession. Dans beaucoup de cas, notamment pour les patrimoines immobiliers bretons de valeur modérée, l’opération reste nettement avantageuse.

Les étapes pratiques pour réaliser votre donation

Voici la marche à suivre que je recommande à mes clients pour mener à bien une donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit :

1. Faire estimer le bien. C’est la première étape indispensable. L’administration fiscale peut remettre en cause la valeur déclarée si elle est manifestement sous-évaluée. En tant qu’agente immobilière, je réalise régulièrement des estimations pour mes clients dans le cadre de projets de donation. Si vous souhaitez avoir une idée des conditions de financement actuelles, cela peut aussi être utile pour les acquéreurs potentiels.

2. Consulter un notaire. Le notaire est l’acteur incontournable de la donation. C’est lui qui rédige l’acte, vérifie que toutes les conditions légales sont remplies et publie la donation au service de la publicité foncière. Prévoyez un premier rendez-vous de consultation pour discuter de votre projet.

3. Rassembler les documents nécessaires. Vous aurez besoin du titre de propriété, des diagnostics techniques obligatoires, de l’état civil des donateurs et des donataires, et éventuellement du contrat de mariage. Pensez aussi à préparer un état des lieux détaillé du bien pour éviter tout litige ultérieur sur son état.

4. Choisir les clauses spécifiques. Avec votre notaire, vous déterminerez les clauses à insérer dans l’acte : réversion d’usufruit au conjoint survivant, interdiction de vendre sans accord de l’usufruitier, clause de retour conventionnel en cas de prédécès du donataire, etc.

5. Signer l’acte de donation. La signature se fait chez le notaire, en présence de tous les donateurs et donataires (ou de leurs représentants munis d’une procuration). Le notaire procède ensuite aux formalités de publication.

6. Régler les frais. Les droits de donation et les frais de notaire sont en principe à la charge du donataire (celui qui reçoit). Cependant, il est possible de prévoir dans l’acte que le donateur prend ces frais à sa charge, ce qui constitue d’ailleurs un avantage supplémentaire puisque ces frais ne sont alors pas considérés comme une donation complémentaire. Pour anticiper l’impact sur votre fiscalité locale, vous pouvez utiliser un simulateur de taxe d’habitation afin de vérifier qui sera redevable après la donation.

La donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit s’inscrit souvent dans une réflexion patrimoniale plus large. Si vous envisagez des travaux de rénovation avant de transmettre, consultez notre article sur le coût d’un audit énergétique pour évaluer les investissements à prévoir. De même, si le bien donné est en copropriété, il est important de connaître les règles de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété qui s’appliqueront au nu-propriétaire.

À retenir

  • Réalisez la donation le plus tôt possible pour maximiser la décote fiscale sur la nue-propriété
  • Prévoyez systématiquement une clause de réversion d’usufruit au profit du conjoint survivant
  • Faites estimer votre bien par un professionnel de l’immobilier pour éviter tout redressement fiscal
  • Comparez le coût de la donation avec celui d’une succession classique avant de vous décider
  • Conservez une réserve financière suffisante pour vos besoins futurs avant de vous dessaisir d’un bien

Questions fréquentes


Quels sont les inconvénients d’une donation en nue-propriété ?

Les principaux inconvénients sont l’irrévocabilité de l’acte (vous ne pouvez plus revenir en arrière sauf cas exceptionnels), la perte de liberté pour vendre le bien seul, la répartition des charges entre usufruitier et nu-propriétaire qui peut générer des conflits, et le risque de remise en cause par le département en cas de demande d’aide sociale à l’hébergement. Il faut aussi considérer la perte de flexibilité patrimoniale si vous avez besoin de liquidités à l’avenir.

Quels sont les frais pour une donation en nue-propriété ?

Les frais comprennent les émoluments du notaire (environ 1,5 % à 2,5 % de la valeur de la nue-propriété), la taxe de publicité foncière (0,71498 %), la contribution de sécurité immobilière (0,10 %) et les droits de donation si la valeur dépasse l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant. Pour un bien de 300 000 € transmis par un donateur de 62 ans, comptez entre 12 000 et 15 000 € au total si l’abattement ne couvre pas la totalité.

Quel est l’intérêt d’une donation avec réserve d’usufruit ?

L’intérêt principal est triple : vous transmettez votre patrimoine en réduisant considérablement les droits grâce à la décote fiscale sur la nue-propriété ; vous conservez l’usage du bien et ses revenus ; et au décès, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans droits de succession supplémentaires. C’est l’un des outils les plus efficaces pour anticiper sa succession tout en préservant son cadre de vie.

Quels sont les inconvénients de la nue-propriété ?

Pour le nu-propriétaire, les inconvénients sont l’impossibilité d’utiliser le bien ou d’en percevoir les revenus tant que l’usufruit existe, l’obligation de prendre en charge les grosses réparations (toiture, structure), et l’impossibilité de vendre sa part sans l’accord de l’usufruitier. Il s’agit d’un investissement à long terme dont la jouissance est différée, ce qui peut être contraignant si les besoins changent.

Quelle est la tranche d’usufruit pour une donation en nue-propriété ?

La valeur de l’usufruit est déterminée par un barème fiscal basé sur l’âge de l’usufruitier au moment de la donation. Elle varie de 90 % (pour un usufruitier de moins de 21 ans) à 10 % (pour un usufruitier de plus de 91 ans). Par exemple, entre 51 et 60 ans, l’usufruit vaut 50 % et la nue-propriété 50 %. Entre 61 et 70 ans, l’usufruit vaut 40 % et la nue-propriété 60 %.

Peut-on annuler une donation en nue-propriété ?

En principe, une donation est irrévocable. Toutefois, le Code civil prévoit trois cas de révocation : l’inexécution des charges imposées au donataire, l’ingratitude (atteinte à la vie du donateur, sévices, injures graves), et la survenance d’enfants dans certaines conditions. En dehors de ces cas, la seule solution est un accord amiable entre toutes les parties pour « défaire » la donation, ce qui entraîne de nouveaux frais de notaire et éventuellement des droits de mutation.

La donation en nue-propriété concerne-t-elle uniquement la résidence principale ?

Non, la donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit peut porter sur tout type de bien immobilier : résidence principale, résidence secondaire, bien locatif, terrain, local commercial. Elle peut également concerner des valeurs mobilières (actions, parts de société civile immobilière) ou des sommes d’argent, avec des modalités spécifiques pour chaque type de bien.


Marie Dufour
Marie Dufour

Marie Dufour est agente immobilière indépendante à Quéven depuis 2008. Spécialisée dans le marché résidentiel du Morbihan, elle accompagne acheteurs et vendeurs avec un regard terrain et sans discours d'agence.