Dans cet article
- Les charges locatives en copropriété représentent en moyenne entre 25 et 50 €/m²/an selon la localisation et les équipements
- Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 liste précisément les charges récupérables auprès du locataire
- Le propriétaire peut choisir entre la provision sur charges avec régularisation annuelle ou le forfait de charges
- Environ 70 à 75 % des charges de copropriété sont généralement récupérables sur le locataire
- Les travaux de ravalement, de toiture ou de remplacement d’ascenseur restent intégralement à la charge du propriétaire
- Depuis 2025, les nouvelles obligations énergétiques en copropriété modifient la répartition de certaines charges
Sommaire
- Charges locatives de copropriété : de quoi parle-t-on exactement ?
- Quelles charges le locataire doit-il payer en copropriété ?
- Quelles charges restent à la charge du propriétaire ?
- Comment calculer les charges locatives récupérables ?
- Provision sur charges ou forfait : quel mode de récupération choisir ?
- La régularisation annuelle des charges : mode d’emploi
- Les nouveautés 2025-2026 sur les charges de copropriété
- Tableau récapitulatif de la répartition des charges
- Mes conseils pratiques pour les bailleurs du Morbihan
En tant qu’agente immobilière à Quéven depuis 2008, je gère régulièrement des situations où propriétaires et locataires s’interrogent sur la répartition des charges locatives de copropriété. Qui paie quoi ? Comment calculer le bon montant de provision ? Quelles dépenses sont récupérables ? Ces questions reviennent dans presque tous mes mandats de gestion locative. Je vous propose un guide complet pour y voir clair et éviter les litiges.
Charges locatives de copropriété : de quoi parle-t-on exactement ?
Les charges locatives en copropriété désignent la part des dépenses de copropriété que le propriétaire-bailleur peut légalement répercuter sur son locataire. On les appelle aussi « charges récupérables ». Elles correspondent aux services et prestations dont le locataire bénéficie directement dans son usage quotidien du logement.
Il faut bien distinguer deux notions que mes clients confondent souvent :
- Les charges de copropriété : c’est l’ensemble des dépenses votées en assemblée générale pour le fonctionnement et l’entretien de l’immeuble. Le propriétaire les paie au syndic selon ses tantièmes.
- Les charges locatives (ou charges récupérables) : c’est la fraction de ces charges de copropriété que la loi autorise le propriétaire à refacturer au locataire.
La quote-part dans les charges de copropriété se calcule selon les tantièmes détenus par chaque copropriétaire, tels que définis dans le règlement de copropriété. Mais attention : ce n’est pas parce qu’une charge figure dans l’appel de fonds du syndic qu’elle est automatiquement récupérable auprès du locataire. Seules les charges listées dans le décret n° 87-713 du 26 août 1987 peuvent être facturées au locataire.

Quelles charges le locataire doit-il payer en copropriété ?
Quelles sont les charges que le locataire doit payer en copropriété ? La réponse est encadrée strictement par la loi. Les copropriété charges locatives récupérables se répartissent en trois grandes catégories :
1. Les dépenses liées aux services collectifs
- Eau froide et eau chaude : consommation, entretien des compteurs, traitement de l’eau
- Chauffage collectif : combustible, entretien courant de la chaudière, réglage et contrôle
- Ascenseur : électricité, entretien courant (mais pas le remplacement de la cabine)
- Électricité des parties communes : éclairage des couloirs, halls, parkings
- Antenne collective et interphone : entretien et menues réparations
2. Les dépenses d’entretien des parties communes
- Nettoyage des parties communes (salaire du gardien pour la part ménage, ou entreprise de nettoyage)
- Entretien des espaces verts : tonte, taille, remplacement de plantes annuelles
- Enlèvement des encombrants et entretien des vide-ordures
- Produits d’entretien et petit matériel de nettoyage
3. Les taxes et redevances
- Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) : c’est la charge récupérable la plus fréquemment oubliée par les bailleurs
- Redevance d’assainissement
- Taxe de balayage, le cas échéant
D’après mon expérience dans le Morbihan, les charges récupérables représentent généralement entre 70 et 75 % du total des charges de copropriété dans les résidences classiques de Lorient ou Quéven. Ce pourcentage varie selon l’âge de l’immeuble et ses équipements.
Quelles charges restent à la charge du propriétaire ?
Quelles sont les charges que le propriétaire doit payer ? Toutes les dépenses qui ne figurent pas dans le décret de 1987 restent intégralement à la charge du bailleur. Les charges de copropriété non imputables au locataire comprennent notamment :
- Les gros travaux : ravalement de façade, réfection de toiture, remplacement de la chaudière collective, mise aux normes de l’ascenseur
- Les honoraires du syndic : frais de gestion courante et frais exceptionnels
- L’assurance de l’immeuble : la multirisque immeuble souscrite par le syndicat de copropriétaires
- Le fonds de travaux (anciennement fonds ALUR) : la cotisation obligatoire de 5 % minimum du budget prévisionnel
- Les diagnostics techniques (DTG, DPE collectif)
- Les frais de procédure liés à la copropriété
Je conseille toujours à mes clients propriétaires de bien anticiper ces dépenses non récupérables. Sur un appartement à Lorient, les charges non récupérables peuvent représenter entre 300 et 800 € par an, selon les travaux votés en assemblée générale. Pour mieux comprendre la fiscalité locale qui s’ajoute à ces charges, consultez mon article sur la taxe foncière dans le Morbihan en 2026.

Comment calculer les charges locatives récupérables ?
Le calcul des charges locatives en copropriété s’effectue en plusieurs étapes. Voici ma méthode, celle que j’utilise pour tous les biens que je gère :
Étape 1 : récupérer le budget prévisionnel de la copropriété. Le syndic vous fournit chaque année un budget détaillé poste par poste. Ce document est votre base de travail.
Étape 2 : identifier les charges récupérables. En vous appuyant sur le décret listant les charges récupérables, pointez chaque ligne du budget et classez-la en « récupérable » ou « non récupérable ».
Étape 3 : appliquer vos tantièmes. Pour chaque poste récupérable, calculez votre quote-part selon vos tantièmes (généraux ou spéciaux selon la nature de la charge).
Étape 4 : calculer la provision mensuelle. Divisez le total annuel récupérable par 12 pour obtenir le montant de la provision mensuelle que vous demanderez à votre locataire.
Prenons un exemple concret. Pour un T3 de 65 m² à Quéven avec 120/1000 tantièmes :
- Budget prévisionnel total de la copropriété : 45 000 €
- Total des postes récupérables dans le budget : 32 000 €
- Quote-part récupérable : 32 000 × 120/1000 = 3 840 €/an
- Provision mensuelle : 3 840 / 12 = 320 €/mois
Le prix moyen des charges locatives au m² varie considérablement selon le type d’immeuble. Dans le Morbihan, je constate des moyennes de 25 à 35 €/m²/an pour les résidences sans ascenseur, et de 35 à 50 €/m²/an pour les résidences avec ascenseur, chauffage collectif et espaces verts entretenus.
Provision sur charges ou forfait : quel mode de récupération choisir ?
Le propriétaire dispose de deux options pour récupérer les charges locatives de copropriété, selon le type de bail :
La provision sur charges avec régularisation annuelle
C’est le mode obligatoire pour les baux d’habitation classiques (loi du 6 juillet 1989). Le locataire verse chaque mois une avance estimée, puis le propriétaire régularise une fois par an en fonction des dépenses réelles. Si le locataire a trop payé, le propriétaire lui rembourse la différence. Si la provision était insuffisante, le locataire verse un complément.
Le forfait de charges
Le forfait est autorisé uniquement pour les locations meublées et les colocations. Le montant est fixé une fois pour toutes dans le bail : pas de régularisation, pas de justificatifs à fournir. Le forfait doit être « cohérent avec les charges réelles » selon la loi. En pratique, je recommande de le fixer légèrement au-dessus des charges réelles pour éviter de perdre de l’argent, mais sans excès.
| Critère | Provision sur charges | Forfait de charges |
|---|---|---|
| Type de bail | Location vide (obligatoire) | Meublé et colocation |
| Régularisation annuelle | Oui, obligatoire | Non, aucune |
| Justificatifs | À tenir à disposition du locataire | Aucun à fournir |
| Risque pour le bailleur | Sous-estimation possible | Aucun si bien calibré |
| Simplicité de gestion | Plus lourde (régularisation) | Très simple |
| Remboursement possible | Oui, si trop-perçu | Non, montant définitif |
Pour ceux qui envisagent un investissement dans un studio étudiant à Lorient, le forfait de charges en meublé simplifie grandement la gestion au quotidien.
La régularisation annuelle des charges : mode d’emploi
La régularisation des charges locatives est une étape que beaucoup de propriétaires redoutent. Voici comment je procède pour mes mandats de gestion :
Le calendrier : la régularisation doit intervenir au moins une fois par an. En copropriété, elle s’effectue généralement après l’approbation des comptes en assemblée générale, soit entre mars et juin selon les copropriétés.
Les documents à fournir au locataire :
- Le décompte détaillé des charges par nature (eau, chauffage, entretien, etc.)
- Le mode de répartition entre locataires si l’immeuble en comporte plusieurs
- Une note d’information sur les modalités de calcul
Le locataire dispose d’un délai de 6 mois après l’envoi du décompte pour consulter les pièces justificatives. Le propriétaire doit les tenir à disposition pendant ce délai. En cas de remboursement de charges locatives par le propriétaire, celui-ci doit intervenir dans le mois suivant la régularisation.
Si vous avez oublié de régulariser pendant plusieurs années, sachez que le délai de prescription est de 3 ans. Au-delà, vous ne pouvez plus réclamer de complément au locataire. C’est une erreur que je vois malheureusement souvent chez les bailleurs qui gèrent seuls leur bien.

Les nouveautés 2025-2026 sur les charges de copropriété
Quelles sont les nouvelles charges de copropriété en 2025 ? Plusieurs évolutions réglementaires impactent directement les charges locatives en copropriété :
Le DPE collectif obligatoire : depuis le 1er janvier 2025, toutes les copropriétés de plus de 50 lots doivent disposer d’un diagnostic de performance énergétique collectif. Le coût de ce diagnostic (entre 1 500 et 5 000 € selon la taille de l’immeuble) est à la charge des copropriétaires, non récupérable sur les locataires. Pour les copropriétés de 50 lots et moins, l’obligation s’appliquera au 1er janvier 2026.
Le plan pluriannuel de travaux (PPT) : obligatoire depuis 2024 pour les copropriétés de plus de 200 lots, il s’étend progressivement à toutes les copropriétés. Ce plan peut entraîner une hausse significative du fonds de travaux, non récupérable sur le locataire.
L’individualisation des frais de chauffage : les copropriétés équipées de chauffage collectif doivent installer des répartiteurs de frais de chauffage. Cette mesure permet une facturation plus juste, mais elle peut modifier sensiblement le montant des charges récupérables d’un appartement à l’autre au sein d’un même immeuble.
L’impact de l’inflation énergétique : les charges liées au chauffage et à l’eau chaude ont augmenté de 15 à 25 % entre 2022 et 2025. Je recommande à tous les bailleurs de réviser leurs provisions en conséquence pour éviter une régularisation trop importante en fin d’année. Si vous envisagez des travaux de rénovation pour réduire ces charges, mon guide sur la rénovation de maison ancienne en Bretagne détaille les aides disponibles.
Tableau récapitulatif de la répartition des charges
Voici un tableau des charges locatives synthétique qui résume ce que le locataire paie et ce qui reste au propriétaire. Je l’utilise comme référence pour mes clients, qu’ils soient à Quéven, Lorient ou ailleurs dans le Morbihan :
| Poste de charges | Récupérable (locataire) | Non récupérable (propriétaire) |
|---|---|---|
| Eau froide / chaude | Consommation + entretien compteurs | Remplacement compteurs, canalisations |
| Chauffage collectif | Combustible + entretien courant chaudière | Remplacement chaudière |
| Ascenseur | Électricité + entretien courant | Remplacement cabine, gros travaux |
| Espaces verts | Tonte, taille, arrosage | Création, remplacement d’arbres |
| Nettoyage parties communes | Salaire gardien (75 %) ou prestataire | Remplacement matériel lourd |
| Ordures ménagères | TEOM | Achat conteneurs |
| Assurance immeuble | Non récupérable | Totalité de la prime |
| Honoraires syndic | Non récupérables | Totalité des honoraires |
| Fonds de travaux | Non récupérable | Cotisation annuelle |
| Ravalement / toiture | Non récupérable | Totalité des travaux |
Ce tableau couvre la majorité des situations. Pour les cas particuliers (piscine collective, local vélos sécurisé, vidéosurveillance), je vous invite à consulter la liste officielle des charges récupérables sur le site du ministère de l’Économie.
Mes conseils pratiques pour les bailleurs du Morbihan
Après 18 ans de pratique dans l’immobilier locatif en Bretagne, voici les recommandations que je donne systématiquement à mes clients propriétaires :
Calibrez correctement vos provisions. Une provision trop basse crée une régularisation douloureuse pour le locataire. Une provision trop haute peut dissuader des candidats locataires. Visez un montant proche de la réalité, en ajoutant une marge de 5 à 10 % pour absorber les hausses imprévues.
Conservez tous les justificatifs. Le locataire peut demander à consulter les pièces justificatives pendant 6 mois après la régularisation. Classez soigneusement les relevés de charges du syndic, les factures d’eau et les décomptes annuels.
Anticipez les gros travaux. Quand une copropriété vote un ravalement ou un remplacement de chaudière, les appels de fonds extraordinaires peuvent être élevés. Ces montants ne sont pas récupérables. Prévoyez une épargne dédiée pour ne pas être pris au dépourvu. Si vous cherchez à optimiser la rentabilité de votre investissement, consultez mon comparatif des meilleures villes pour investir en locatif.
Comparez vos charges avec le marché local. Dans le Morbihan, les charges locatives se situent en moyenne entre 25 et 45 €/m²/an pour un appartement en copropriété. Si vos charges sont nettement supérieures, cela peut peser sur l’attractivité de votre bien. Vérifiez que votre copropriété n’a pas de contrats de maintenance surdimensionnés.
Participez aux assemblées générales. C’est en AG que se votent les budgets et les travaux. En tant que bailleur, vous avez tout intérêt à suivre de près la gestion de votre copropriété pour maîtriser l’évolution des charges. Pour une vision plus large de votre investissement, mon article sur la comparaison Lorient vs Vannes pour investir en 2026 peut vous aider à contextualiser vos choix.
Enfin, si vous hésitez entre location vide et meublée pour votre bien en copropriété, sachez que le choix du forfait de charges en meublé simplifie considérablement la gestion. C’est un argument que je mets souvent en avant auprès de mes clients qui investissent dans des programmes neufs destinés à la location.
À retenir
- Référez-vous systématiquement au décret n° 87-713 pour vérifier si une charge est récupérable
- Fixez la provision mensuelle à 1/12 des charges récupérables réelles, avec une marge de 5 à 10 %
- Régularisez les charges au moins une fois par an, dans le mois suivant l’approbation des comptes
- Conservez les justificatifs pendant au moins 3 ans après la régularisation
- En meublé, privilégiez le forfait de charges pour simplifier la gestion et éviter les litiges
Questions fréquentes
Quelles sont les charges que le locataire doit payer en copropriété ?
Le locataire paie les charges liées aux services collectifs dont il bénéficie directement : eau, chauffage, ascenseur, éclairage des parties communes, nettoyage, entretien des espaces verts et taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Ces charges récupérables sont listées de manière exhaustive par le décret n° 87-713 du 26 août 1987.
Le propriétaire supporte seul les honoraires du syndic, l’assurance de l’immeuble, le fonds de travaux, les gros travaux (ravalement, toiture, remplacement de chaudière ou d’ascenseur), les diagnostics techniques obligatoires et les frais de contentieux liés à la copropriété.Quelles sont les charges de copropriété non imputables au locataire ?
La provision sur charges est une avance mensuelle régularisée chaque année sur la base des dépenses réelles : elle est obligatoire en location vide. Le forfait est un montant fixe, sans régularisation ni justificatif, autorisé uniquement en location meublée et en colocation. Le forfait offre plus de simplicité, mais ne permet aucun ajustement ultérieur.Quelle est la différence entre provision sur charges et forfait de charges ?
Les principales nouveautés concernent le DPE collectif obligatoire pour les copropriétés de plus de 50 lots, l’extension du plan pluriannuel de travaux, et l’obligation d’individualisation des frais de chauffage. Ces mesures entraînent des coûts supplémentaires pour les copropriétaires, non récupérables sur les locataires, mais peuvent aussi modifier la répartition des charges de chauffage.Quelles sont les nouvelles charges de copropriété en 2025 ?
En moyenne, entre 70 et 75 % des charges de copropriété courantes sont récupérables auprès du locataire. Ce pourcentage varie selon les équipements de l’immeuble et les travaux en cours. Les immeubles récents avec peu de gros travaux affichent un taux de récupération plus élevé.Quel est le pourcentage de charges de copropriété récupérable sur le locataire ?
Le locataire peut demander à consulter les pièces justificatives dans les 6 mois suivant la régularisation. S’il constate une erreur, il peut d’abord en discuter avec le propriétaire, puis saisir la commission départementale de conciliation, et enfin le tribunal judiciaire si aucun accord n’est trouvé. Le propriétaire ne peut réclamer un complément de charges au-delà de 3 ans.Comment contester une régularisation de charges locatives ?
Oui, partiellement. Si le gardien assure à la fois le nettoyage et la sortie des poubelles, 75 % de sa rémunération est récupérable. S’il n’assure qu’une seule de ces deux tâches, seuls 40 % sont récupérables. Si le gardien n’effectue ni ménage ni gestion des ordures, rien n’est récupérable sur le locataire.Peut-on récupérer les frais de gardiennage sur le locataire ?
Marie Dufour est agente immobilière indépendante à Quéven depuis 2008. Spécialisée dans le marché résidentiel du Morbihan, elle accompagne acheteurs et vendeurs avec un regard terrain et sans discours d'agence.