Dans cet article
- L’orthographe correcte est colocation avec un seul « l », validée par le dictionnaire Larousse et l’Académie française
- La forme « collocation » avec deux « l » désigne un concept linguistique sans rapport avec le logement partagé
- La colocation est encadrée par la loi ALUR de 2014 et le Code civil, avec des règles précises sur le bail et la solidarité
- Deux types de baux existent : le bail unique collectif et le bail individuel par colocataire
- Le colocataire partage un logement via un bail, tandis que le cohabitant vit sous le même toit sans lien contractuel locatif commun
- En Morbihan, la colocation séduit de plus en plus les jeunes actifs et les seniors autonomes
Sommaire
- L’orthographe correcte : colocation avec un seul « l »
- Collocation : un mot qui existe, mais pas en immobilier
- Pourquoi la confusion est si fréquente
- Définition juridique de la colocation
- Bail unique ou bail individuel : les deux formules
- Colocataire et cohabitant : quelle différence ?
- Colocation en Morbihan : conseils pratiques
- Vocabulaire lié à la colocation
L’orthographe correcte : colocation avec un seul « l »
Quand on cherche « colocation ou collocation », la réponse est sans ambiguïté : colocation s’écrit avec un seul « l ». C’est la seule graphie reconnue par le dictionnaire Larousse, le Robert et l’Académie française pour désigner le fait de partager un logement entre plusieurs locataires.
En tant qu’agente immobilière à Quéven depuis 2008, je vois cette faute d’orthographe revenir très régulièrement dans les annonces, les courriers de candidature et même parfois dans des contrats rédigés entre particuliers. La confusion est compréhensible, mais elle peut poser problème : un bail contenant le terme « collocation » au lieu de « colocation » ne sera pas invalidé juridiquement, mais il trahit un manque de rigueur qui peut inquiéter un propriétaire.
Le mot colocation est formé du préfixe « co- » (qui signifie « avec », « ensemble ») et du nom « location ». La construction est parfaitement logique : une co-location, c’est une location partagée. Comme pour « covoiturage », « coworking » ou « copropriété », le préfixe « co- » ne double jamais la consonne qui suit.
Voici la règle simple à retenir : si vous parlez d’un logement partagé entre plusieurs locataires, écrivez toujours « colocation » avec un seul « l ». Les dérivés suivent la même logique : on écrit « colocataire » et non « collocataire ».
Collocation : un mot qui existe, mais pas en immobilier
Alors, « collocation » est-il un mot inventé ? Pas du tout. Le terme collocation avec deux « l » existe bel et bien dans la langue française, mais il appartient au domaine de la linguistique, pas de l’immobilier.
En linguistique, une collocation désigne l’association habituelle de deux mots qui apparaissent fréquemment ensemble dans le discours. Par exemple, on dit « grièvement blessé » plutôt que « fortement blessé » ; on parle de « pluie battante » et non de « pluie frappante ». Ces associations récurrentes sont des collocations au sens linguistique du terme.
Qu’est-ce qu’une collocation, donc ? C’est un phénomène de cooccurrence lexicale étudié par les spécialistes du langage. Le mot vient du latin « collocare » (placer ensemble), avec le préfixe « col- » qui est une forme assimilée de « con- » devant la lettre « l ». Cette étymologie explique le double « l ».
La distinction est essentielle : quand vous rédigez une annonce pour chercher un colocataire, quand vous signez un contrat de colocation, ou quand vous consultez un article sur le logement partagé, c’est bien « colocation » avec un seul « l » qu’il faut écrire. La collocation avec deux « l » n’a strictement aucun rapport avec votre appartement.
Pourquoi la confusion est si fréquente
Plusieurs facteurs expliquent que tant de personnes hésitent entre collocation ou colocation. Comprendre ces raisons permet de mieux mémoriser la bonne orthographe.
L’influence de la prononciation. En français oral, la différence entre un « l » simple et un « l » double est quasi imperceptible. Contrairement à l’italien où la double consonne modifie nettement la prononciation, le français ne fait aucune distinction sonore entre « colocation » et « collocation ». L’oreille ne corrige donc pas l’erreur.
L’analogie avec d’autres mots. Le français regorge de mots où le double « l » est correct : « collaboration », « collection », « collègue », « collision ». Le cerveau fait naturellement l’analogie et place un second « l » là où il n’en faut pas. Mais dans ces mots, le préfixe est « col- » (forme de « con- » devant « l »), tandis que dans colocation, le préfixe est « co- » suivi du mot « location ».
La propagation par les moteurs de recherche. Les internautes qui tapent « collocation » dans Google génèrent du volume de recherche sur cette orthographe erronée. Les sites web optimisent ensuite leurs contenus pour capter ce trafic, ce qui entretient la confusion. Google lui-même suggère les deux formes, sans toujours corriger clairement.
Le flou autour du terme anglais. En anglais, « collocation » existe aussi, mais il désigne uniquement le concept linguistique. Pour parler de logement partagé, les anglophones utilisent « flatshare » ou « shared housing ». La colocation en anglais ne se dit donc jamais « collocation », ce qui devrait lever tout doute.
| Critère | Colocation (1 seul « l ») | Collocation (2 « l ») |
|---|---|---|
| Domaine | Immobilier, logement | Linguistique |
| Définition | Location partagée d’un logement | Association habituelle de deux mots |
| Étymologie | co- + location | Latin collocare (placer ensemble) |
| Usage courant | Très fréquent | Spécialisé, académique |
| Dictionnaire Larousse | Oui, entrée dédiée | Oui, mais sens linguistique |
| Terme anglais équivalent | Flatshare, shared housing | Collocation |
| Dérivés | Colocataire | Aucun en usage courant |
Définition juridique de la colocation
Maintenant que l’orthographe est claire, penchons-nous sur ce que signifie concrètement la colocation sur le plan légal. Comment écrit-on colocation dans les textes de loi ? Exactement comme dans le dictionnaire : avec un seul « l ».
Selon l’article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989, la colocation est définie comme « la location d’un même logement par plusieurs locataires, constituant leur résidence principale, et formalisée par la conclusion d’un contrat unique ou de plusieurs contrats entre les locataires et le bailleur ». Cette définition a été introduite par la loi ALUR du 24 mars 2014.
Plusieurs points essentiels ressortent de cette définition juridique :
- Le logement doit constituer la résidence principale de chaque colocataire
- Il faut au minimum deux locataires signataires
- Le bail peut être unique ou individuel par colocataire
- Les couples mariés ou pacsés partageant un logement ne sont pas considérés comme colocataires au sens de la loi
Deux propriétaires d’un même bien sont des copropriétaires, pas des colocataires. De même, une personne hébergée gratuitement n’est pas colocataire. Le lien contractuel avec le bailleur est indispensable.
Pour approfondir les aspects pratiques de la durée des engagements, je vous recommande de consulter mon article sur la durée du bail en colocation meublée, qui détaille les spécificités des baux meublés partagés.
Bail unique ou bail individuel : les deux formules
La loi ALUR a clarifié les deux formules de colocation bail possibles, et le choix entre les deux a des conséquences majeures pour les propriétaires comme pour les locataires.
Le bail unique (ou bail collectif)
Dans cette configuration, tous les colocataires signent le même contrat de location. Ils sont solidairement responsables du paiement du loyer, sauf clause contraire. Si l’un d’eux ne paie pas sa part, le bailleur peut réclamer la totalité aux autres colocataires.
La clause de solidarité est un élément que j’examine toujours avec attention lorsque je conseille des propriétaires en Morbihan. Depuis la loi ALUR, cette solidarité prend fin six mois après le départ effectif d’un colocataire, à condition qu’un remplaçant figure sur le bail. C’est un progrès considérable pour les locataires sortants.
Le bail individuel
Avec un colocation bail individuel, chaque colocataire signe son propre contrat pour une partie privative du logement (généralement une chambre) et bénéficie d’un accès aux parties communes. Chacun est responsable uniquement de son propre loyer.
Cette formule est de plus en plus prisée, notamment dans les résidences de colocation gérées professionnellement. Elle simplifie grandement la gestion des entrées et sorties : quand un colocataire part, les autres ne sont pas impactés.
Pour sécuriser la relation contractuelle, je conseille toujours de rédiger un contrat de colocation conforme aux dernières dispositions légales. Des modèles de contrat de colocation PDF gratuit sont disponibles sur le site Service-Public.fr, qui reste la référence pour les formulaires administratifs.
| Caractéristique | Bail unique | Bail individuel |
|---|---|---|
| Nombre de contrats | Un seul pour tous | Un par colocataire |
| Solidarité du loyer | Oui (sauf clause contraire) | Non |
| Départ d’un colocataire | Complexe, avenant nécessaire | Simple, fin du bail individuel |
| Dépôt de garantie | Un seul, partagé | Un par colocataire |
| État des lieux | Commun à l’entrée et à la sortie | Individuel par chambre |
| Idéal pour | Groupes d’amis stables | Colocataires qui ne se connaissent pas |
Colocataire et cohabitant : quelle différence ?
Voilà une question que l’on me pose régulièrement : quelle est la différence entre un colocataire et un cohabitant ? Les deux termes semblent proches, mais ils recouvrent des réalités juridiques bien distinctes.
Le colocataire est une personne qui figure sur un bail de location, qu’il soit unique ou individuel. Il a des droits et des obligations définis par la loi de 1989 modifiée : payer le loyer, entretenir le logement, respecter le règlement intérieur. Il bénéficie en retour d’une protection légale (préavis, droit au maintien dans les lieux, encadrement des loyers le cas échéant).
Le cohabitant, en revanche, désigne simplement une personne qui vit sous le même toit qu’une autre, sans lien contractuel locatif commun. La cohabitation peut prendre plusieurs formes :
- Un enfant adulte vivant chez ses parents
- Un ami hébergé à titre gratuit
- Un couple en concubinage dont un seul des membres est titulaire du bail
- Une personne accueillie dans le cadre d’un dispositif d’hébergement solidaire
La distinction est importante pour les propriétaires. Un cohabitant qui n’est pas sur le bail n’a aucune obligation directe envers le bailleur, mais il n’a pas non plus de droits propres sur le logement. En cas de départ du titulaire du bail, le cohabitant ne peut pas se maintenir dans les lieux.
Un état des lieux rigoureux mentionnant les personnes présentes permet d’éviter bien des malentendus.
Colocation en Morbihan : conseils pratiques
La colocation n’est plus réservée aux étudiants des grandes métropoles. En Morbihan, je constate depuis plusieurs années une montée en puissance de la colocation, y compris dans des villes de taille moyenne comme Lorient, Vannes ou Quéven.
Plusieurs profils se tournent vers cette solution :
- Les jeunes actifs qui débutent leur carrière et souhaitent réduire leur charge de loyer tout en vivant dans un logement spacieux
- Les seniors autonomes qui cherchent à rompre l’isolement ; la colocation entre seniors autonomes est un phénomène en pleine expansion
- Les travailleurs en mobilité (missions temporaires, intérim, formations) qui ont besoin d’un logement flexible
- Les familles monoparentales qui mutualisent les coûts et l’entraide quotidienne
Pour les propriétaires : privilégiez les maisons avec au moins trois chambres et deux salles d’eau. Les biens avec jardin sont particulièrement recherchés. Pensez à vérifier que votre assurance propriétaire non occupant couvre bien la colocation, car certains contrats excluent ce mode d’occupation.
Pour les locataires : avant de signer, vérifiez le type de bail proposé et la présence ou non d’une clause de solidarité. Rédigez une charte de vie commune qui précise la répartition des charges, l’usage des espaces communs et les règles de bruit. Ce document n’a pas de valeur juridique, mais il prévient les conflits.
Concernant les aspects fiscaux, les propriétaires qui louent en colocation doivent déclarer leurs revenus locatifs comme pour toute location classique. Mon article sur les déclarations de revenus fonciers vous aidera à éviter les erreurs les plus courantes.
Vocabulaire lié à la colocation
Pour clore ce guide, voici un lexique complet des termes que vous rencontrerez dans vos recherches sur la colocation. Maîtriser ce vocabulaire vous permettra de mieux comprendre les annonces, les contrats et les échanges avec les professionnels de l’immobilier.
Colocation (def) : location d’un même logement par au moins deux locataires, chacun titulaire d’un bail ou cosignataire d’un bail unique, le logement constituant leur résidence principale.
Colocataire : personne signataire d’un bail de colocation, qu’il soit unique ou individuel. Le terme s’écrit avec un seul « l », comme colocation.
Coliving : concept plus récent qui ajoute à la colocation une dimension de services intégrés (ménage, wifi, espaces de coworking). Le coliving est généralement proposé par des opérateurs professionnels avec des baux individuels meublés.
Clause de solidarité : disposition contractuelle par laquelle chaque colocataire se porte garant du paiement intégral du loyer. En cas de défaillance d’un colocataire, les autres doivent compenser.
Pacte de colocation : accord entre colocataires (distinct du bail) qui organise la vie commune : répartition des tâches, règles d’utilisation des espaces, modalités de remplacement d’un colocataire sortant.
En matière de copropriété, si vous êtes propriétaire d’un appartement en colocation au sein d’un immeuble, vous devez aussi vous conformer au règlement de copropriété. La loi du 10 juillet 1965 encadre les droits et obligations des copropriétaires, y compris ceux qui louent leur bien en colocation.
Pensez également à vérifier la performance énergétique de votre logement avant de le proposer en colocation. Depuis 2025, les passoires thermiques classées G sont interdites à la location. Un audit énergétique peut s’avérer nécessaire pour mettre votre bien en conformité.
Enfin, si vous envisagez de formaliser une vente ou un achat lié à un investissement locatif en colocation, la signature de l’acte de vente peut désormais se faire en ligne, ce qui simplifie considérablement les démarches pour les investisseurs éloignés géographiquement.
À retenir
- Écrivez toujours colocation avec un seul « l » pour désigner un logement partagé
- Vérifiez le type de bail avant de signer : bail unique ou bail individuel, les conséquences sur la solidarité du loyer sont majeures
- La solidarité entre colocataires prend fin 6 mois après le départ d’un colocataire si un remplaçant est inscrit au bail
- Distinguez bien colocataire (lié par un bail) et cohabitant (aucune obligation envers le bailleur)
- Rédigez une charte de vie commune entre colocataires pour prévenir les conflits du quotidien
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une collocation ?
En français, le mot « collocation » avec deux « l » désigne un concept de linguistique : c’est l’association habituelle de deux mots qui apparaissent fréquemment ensemble (par exemple « grièvement blessé »). Ce terme n’a aucun rapport avec le logement partagé. Pour parler d’une location à plusieurs, l’orthographe correcte est « colocation » avec un seul « l ».
Colocation s’écrit avec un seul « l ». Le mot est formé du préfixe « co- » (ensemble) et du nom « location ». Cette graphie est la seule reconnue par le Larousse et l’Académie française pour désigner le fait de partager un logement entre plusieurs locataires. Le dérivé « colocataire » suit la même règle.Comment écrit-on colocation ?
En français, une collocation (avec deux « l ») est un terme technique de linguistique qui désigne la cooccurrence fréquente de deux mots dans le discours. Par exemple, on dit « pluie battante » et non « pluie frappante » : cette association figée est une collocation. Ce mot ne doit pas être confondu avec « colocation » (un seul « l »), qui désigne le partage d’un logement entre plusieurs locataires.Qu’est-ce qu’une collocation en français ?
Le colocataire est signataire d’un bail de location (unique ou individuel) et a des droits et obligations légales envers le bailleur : paiement du loyer, entretien du logement, droit au maintien dans les lieux. Le cohabitant vit sous le même toit sans être lié par un bail commun : il peut s’agir d’un enfant adulte, d’un ami hébergé ou d’un concubin non titulaire du bail. Le cohabitant n’a ni obligation directe envers le propriétaire, ni droit propre sur le logement.Quelle est la différence entre un colocataire et un cohabitant ?
Oui, des modèles de contrat de colocation gratuits sont disponibles sur le site officiel Service-Public.fr. Ces modèles sont conformes à la loi ALUR et à la loi de 1989. Je recommande toutefois de les faire relire par un professionnel de l’immobilier ou un notaire pour les adapter à votre situation, notamment concernant la clause de solidarité et la répartition des charges.Peut-on utiliser un contrat de colocation type gratuit ?
Absolument. La colocation entre seniors autonomes est un mode d’habitat en pleine expansion en France. Elle permet de lutter contre l’isolement, de partager les charges du quotidien et de vivre dans un logement plus grand et plus confortable. En Morbihan, plusieurs initiatives locales facilitent la mise en relation de seniors souhaitant cohabiter. Le cadre juridique est le même que pour toute colocation classique.La colocation est-elle adaptée aux seniors ?
En anglais, on parle de « flatshare » (au Royaume-Uni) ou de « shared housing » et « roommate situation » (aux États-Unis). Attention, le mot anglais « collocation » désigne exclusivement le concept linguistique, jamais le logement partagé. Si vous rédigez une annonce en anglais pour attirer des colocataires internationaux, utilisez « flatshare » ou « room for rent ».Quel est le terme anglais pour colocation ?
Marie Dufour est agente immobilière indépendante à Quéven depuis 2008. Spécialisée dans le marché résidentiel du Morbihan, elle accompagne acheteurs et vendeurs avec un regard terrain et sans discours d'agence.