Loi du 10 juillet 1965 : guide copropriété essentiel

Dans cet article

  • La loi du 10 juillet 1965 est le texte fondateur qui régit toutes les copropriétés d’immeubles bâtis en France
  • Elle impose un règlement de copropriété, un syndic et un conseil syndical obligatoires pour chaque immeuble
  • Les décisions se votent selon 3 règles de majorité différentes (articles 24, 25 et 26)
  • Depuis 2025, les syndics doivent respecter de nouvelles obligations de transparence renforcées par la loi Climat et la loi ALUR
  • Un syndic peut être révoqué pour faute grave : défaut de convocation d’AG, absence de compte séparé ou non-respect du budget voté
  • En Morbihan, environ 35 % des logements collectifs sont soumis à ce statut de copropriété

Depuis plus de dix-sept ans que j’accompagne des acquéreurs et des vendeurs à Quéven et dans tout le Morbihan, je constate que la loi du 10 juillet 1965 copropriété reste mal comprise par une majorité de propriétaires. Ce texte fondamental définit pourtant vos droits, vos obligations et les règles de fonctionnement de votre immeuble. Je vous propose aujourd’hui un guide complet pour maîtriser cette législation essentielle, mise à jour avec les dernières évolutions réglementaires.

Qu’est-ce que la loi du 10 juillet 1965 ?

Le règlement de copropriété est un document fondateur prévu par la loi de 1965
Le règlement de copropriété est un document fondateur prévu par la loi de 1965

La copropriété loi du 10 juillet 1965 désigne le texte législatif n° 65-557 qui fixe le statut de la copropriété des immeubles bâtis en France. Avant cette date, aucun cadre juridique unifié n’encadrait les relations entre copropriétaires. Ce texte a été complété par le décret du 17 mars 1967 disponible sur Légifrance, qui en précise les modalités d’application.

En résumé, la loi 10 juillet 1965 copropriété établit :

  • La distinction entre parties privatives et parties communes
  • L’obligation d’un règlement de copropriété
  • La création d’un syndicat des copropriétaires doté de la personnalité civile
  • La désignation obligatoire d’un syndic professionnel ou bénévole
  • Les règles de prise de décision en assemblée générale

Ce texte a été modifié à plusieurs reprises, notamment par la loi SRU de 2000, la loi ALUR de 2014, la loi ELAN de 2018 et plus récemment par l’ordonnance du 30 octobre 2019. Chaque réforme a renforcé la transparence et la protection des copropriétaires. Si vous envisagez un achat en copropriété dans le Morbihan, je vous recommande vivement de consulter le résumé loi 10 juillet 1965 avant de signer.

Champ d’application : quels immeubles sont concernés ?

La loi s’applique à tout immeuble bâti ou groupe d’immeubles dont la propriété est répartie entre plusieurs personnes, par lots comprenant chacun une partie privative et une quote-part de parties communes. Concrètement, cela concerne :

  • Les immeubles d’habitation divisés en appartements
  • Les résidences horizontales (lotissements avec parties communes)
  • Les immeubles mixtes associant logements et locaux commerciaux
  • Les ensembles immobiliers comportant plusieurs bâtiments sur un même terrain

En revanche, la loi ne s’applique pas aux immeubles appartenant à un propriétaire unique, même s’ils sont divisés en plusieurs logements loués. Dans le Morbihan, j’observe que de nombreuses petites copropriétés de 2 à 5 lots, typiques de nos centres-bourgs, ignorent parfois qu’elles sont soumises à ce régime. Si vous possédez un bien dans une association de copropriétaires, cette loi vous concerne directement.

Organisation de la copropriété : syndic, conseil syndical et assemblée générale

L'assemblée générale des copropriétaires est l'organe décisionnel principal
L’assemblée générale des copropriétaires est l’organe décisionnel principal

La loi du 10 juillet 1965 impose une organisation tripartite qui garantit l’équilibre des pouvoirs au sein de la copropriété :

Le syndicat des copropriétaires

Il regroupe l’ensemble des copropriétaires et constitue une personne morale. Il prend les décisions importantes lors de l’assemblée générale annuelle, seule instance habilitée à voter le budget, approuver les travaux ou modifier le règlement.

Le syndic de copropriété

Nommé par l’assemblée générale, le syndic exécute les décisions votées, gère les finances, assure l’entretien courant et représente le syndicat en justice. Son mandat ne peut excéder 3 ans (article 28 du décret de 1967). Les obligations du syndic sont détaillées à l’article 18 de la loi.

Le conseil syndical

Composé de copropriétaires élus, il assiste et contrôle le syndic. La loi du 10 juillet 1965 conseil syndical prévoit qu’il donne son avis sur les devis, vérifie les comptes et peut convoquer une assemblée extraordinaire. Dans les copropriétés de plus de 10 lots, son rôle est particulièrement stratégique.

Pour les copropriétaires bretons qui souhaitent s’impliquer davantage, je recommande de rejoindre une association de responsables de copropriété pour bénéficier de formations et de conseils juridiques.

Les règles de majorité pour les votes en assemblée

L’un des apports majeurs de la loi réside dans la définition de trois paliers de majorité adaptés à l’importance des décisions. Voici le tableau comparatif :

Type de majorité Article Seuil requis Décisions concernées
Majorité simple Article 24 Majorité des voix des présents et représentés Entretien courant, approbation des comptes, travaux d’accessibilité
Majorité absolue Article 25 Majorité des voix de tous les copropriétaires Travaux d’amélioration, changement de syndic, autorisation de travaux privatifs affectant les parties communes
Double majorité Article 26 2/3 des voix de tous les copropriétaires Modification du règlement, aliénation de parties communes, suppression du poste de gardien
Unanimité Article 26 alinéa 2 100 % des voix Changement de destination de l’immeuble, suppression d’un droit de jouissance privatif

Une passerelle existe entre les articles 25 et 24 : si la majorité absolue n’est pas atteinte mais que le projet recueille au moins un tiers des voix, un second vote à la majorité simple peut intervenir immédiatement. Cette subtilité, que je rappelle souvent à mes clients lors des ventes en copropriété à Lorient ou Quéven, facilite la prise de décision dans les immeubles où l’absentéisme en AG est élevé.

Obligations du syndic selon l’article 18

La loi du 10 juillet 1965 article 18 constitue le socle des responsabilités du syndic. En tant qu’agente immobilière, je vérifie systématiquement le respect de ces obligations avant de finaliser une vente en copropriété :

  • Exécuter les décisions de l’assemblée générale et faire respecter le règlement de copropriété
  • Administrer l’immeuble : contrats d’entretien, assurance, personnel
  • Établir le budget prévisionnel et les comptes annuels selon la nomenclature comptable obligatoire
  • Ouvrir un compte bancaire séparé au nom du syndicat (obligation renforcée depuis la loi ALUR)
  • Convoquer l’assemblée générale au moins une fois par an dans un délai de 6 mois après la clôture de l’exercice
  • Immatriculer la copropriété au registre national des copropriétés
  • Mettre à jour le carnet d’entretien de l’immeuble
  • Réaliser le diagnostic technique global sur demande de l’AG

La loi du 10 juillet 1965 obligations du syndic a été considérablement renforcée ces dernières années. Le ministère de la Transition écologique détaille ces évolutions sur son site officiel. Pour les copropriétés du Morbihan engagées dans une rénovation énergétique, je recommande également de consulter notre guide sur l’audit énergétique en copropriété.

Nouvelles règles de la copropriété en 2025

Le plan pluriannuel de travaux est désormais obligatoire pour les grandes copropriétés
Le plan pluriannuel de travaux est désormais obligatoire pour les grandes copropriétés

L’année 2025 marque un tournant pour la copropriété avec l’entrée en vigueur progressive de plusieurs dispositions. Voici les nouvelles obligations des syndics de copropriété en 2025 que tout copropriétaire doit connaître :

  • Plan pluriannuel de travaux (PPT) : obligatoire depuis le 1er janvier 2025 pour les copropriétés de plus de 50 lots, et depuis le 1er janvier 2024 pour celles de plus de 200 lots. Ce plan sur 10 ans identifie les travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble.
  • Fonds de travaux renforcé : la cotisation minimale passe à 5 % du budget prévisionnel pour les copropriétés ayant adopté un PPT, contre 2,5 % auparavant.
  • DPE collectif obligatoire : les copropriétés de plus de 50 lots doivent disposer d’un diagnostic de performance énergétique collectif valide.
  • Extranet copropriétaire : le syndic doit mettre à disposition un espace en ligne sécurisé donnant accès aux documents de la copropriété (PV d’AG, contrats, comptes).
  • Fiche synthétique : document récapitulatif obligatoire regroupant les données financières et techniques de la copropriété, à mettre à jour annuellement.

Ces nouvelles règles de la copropriété en 2025 impactent directement la valorisation de votre bien. Un immeuble bien géré, avec un PPT adopté et un fonds de travaux suffisant, rassure les acquéreurs. Je le constate quotidiennement dans mes transactions à Quéven, Lorient et Hennebont. Pour financer d’éventuels travaux de rénovation, consultez notre article sur les possibilités d’emprunt pour investissement locatif qui détaille les conditions bancaires actuelles.

Concernant le coût des diagnostics, notre analyse du prix d’un audit énergétique vous donnera une idée précise du budget à prévoir.

Fautes graves d’un syndic : motifs de révocation

La question des fautes graves d’un syndic revient fréquemment chez mes clients copropriétaires. La loi du 10 juillet 1965 permet la révocation du syndic à tout moment par l’assemblée générale, à la majorité de l’article 25. Voici les manquements les plus couramment retenus par la jurisprudence :

  • Absence de convocation de l’assemblée générale annuelle dans les délais légaux
  • Défaut d’ouverture d’un compte séparé au nom du syndicat des copropriétaires
  • Non-exécution des décisions votées en assemblée générale
  • Défaut de souscription d’une assurance pour l’immeuble
  • Irrégularités comptables : absence de justificatifs, confusion entre les fonds de différentes copropriétés
  • Travaux engagés sans autorisation de l’assemblée générale au-delà du seuil d’urgence
  • Refus de communiquer les documents au conseil syndical dans le délai d’un mois
  • Non-immatriculation de la copropriété au registre national

En cas de faute grave avérée, la révocation peut intervenir sans indemnité pour le syndic. Le conseil syndical joue ici un rôle déterminant : c’est lui qui doit documenter les manquements et inscrire la question de la révocation à l’ordre du jour. Si vous êtes dans cette situation, je vous conseille de vous rapprocher d’une association de responsables de copropriété pour vous faire accompagner dans la procédure.

Règlement de copropriété et répartition des charges

Le règlement de copropriété est le document fondateur prévu par la loi du 10 juillet 1965 règlement de copropriété (articles 8 à 11). Il définit :

  • La destination de l’immeuble (habitation, mixte, commercial)
  • La description des lots et leur consistance
  • Les tantièmes de copropriété attribués à chaque lot
  • Les règles de jouissance des parties privatives et communes
  • La répartition des charges entre copropriétaires

L’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 distingue deux catégories de charges :

Type de charges Base de répartition Exemples
Charges générales (art. 10 al. 1) Quote-part de parties communes (tantièmes généraux) Ravalement, toiture, assurance immeuble, honoraires syndic
Charges spéciales (art. 10 al. 2) Utilité objective du service pour chaque lot Ascenseur (selon l’étage), chauffage collectif, gardiennage

La répartition des charges est un sujet sensible que je traite avec la plus grande attention lors de mes transactions. Un acquéreur averti vérifie toujours les tantièmes et l’historique des charges avant de s’engager. Le document « loi du 10 juillet 1965 pdf » que vous pouvez télécharger sur Légifrance contient l’intégralité du texte consolidé avec toutes les modifications récentes.

Pour les propriétaires qui souhaitent comprendre l’impact fiscal de leur copropriété, notre guide sur la taxe foncière 2025 apporte des éclairages complémentaires utiles.

Conseils pratiques pour les copropriétaires en Morbihan

Forte de mon expérience sur le terrain morbihannais, voici mes recommandations concrètes pour bien vivre en copropriété et protéger la valeur de votre patrimoine :

  • Participez aux assemblées générales : l’absentéisme favorise les décisions prises par une minorité. Si vous ne pouvez pas être présent, donnez un pouvoir à un copropriétaire de confiance.
  • Lisez le procès-verbal de chaque AG et contestez dans le délai de 2 mois si une décision vous paraît irrégulière (article 42 de la loi).
  • Candidatez au conseil syndical : c’est le meilleur moyen de contrôler la gestion du syndic et d’anticiper les travaux.
  • Constituez un fonds de travaux conséquent : les copropriétés bretonnes sont particulièrement exposées aux intempéries, et les ravalements en bord de mer coûtent 30 à 50 % plus cher qu’en zone intérieure.
  • Anticipez la rénovation énergétique : avec l’interdiction progressive de location des passoires thermiques, un audit énergétique en copropriété devient incontournable.
  • Vérifiez l’immatriculation de votre copropriété sur le registre national : sans elle, impossible d’obtenir certaines aides publiques comme MaPrimeRénov’ Copropriétés.

Pour les investisseurs locatifs, la bonne gestion de votre copropriété impacte directement votre rentabilité. Consultez notre article sur le LMNP au régime réel pour optimiser la déductibilité de vos charges de copropriété. Et si vous cherchez un bien à acheter, notre sélection de maisons à acheter dans le Morbihan inclut des biens en copropriété parfaitement gérés.

Enfin, n’oubliez pas que le site Service-Public.fr dédié à la copropriété propose des fiches pratiques régulièrement mises à jour sur vos droits et démarches.

À retenir

  • Vérifiez que votre syndic a bien ouvert un compte bancaire séparé au nom du syndicat des copropriétaires
  • Exigez l’accès à l’extranet copropriétaire pour consulter les documents en ligne à tout moment
  • Votez le plan pluriannuel de travaux dès que possible pour anticiper les dépenses sur 10 ans
  • Contestez les décisions d’AG irrégulières dans le délai de 2 mois suivant la notification du PV
  • Documentez toute faute grave du syndic par écrit avant de demander sa révocation en AG

Questions fréquentes


C’est quoi la loi du 10 juillet 1965 ?

La loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 est le texte législatif français qui fixe le statut de la copropriété des immeubles bâtis. Elle définit l’organisation obligatoire (syndicat des copropriétaires, syndic, conseil syndical), les règles de vote en assemblée générale, la distinction entre parties privatives et communes, ainsi que la répartition des charges. Ce texte s’applique à tout immeuble dont la propriété est divisée en lots entre plusieurs personnes.


Quelles sont les nouvelles règles de la copropriété en 2025 ?

En 2025, les principales nouveautés concernent l’obligation du plan pluriannuel de travaux (PPT) pour les copropriétés de plus de 50 lots, le renforcement du fonds de travaux à 5 % du budget prévisionnel, l’obligation du DPE collectif, la mise en place d’un extranet copropriétaire par le syndic, et l’actualisation annuelle de la fiche synthétique de la copropriété. Ces mesures visent à améliorer la transparence et à anticiper les besoins de rénovation.


Quelles sont les fautes graves d’un syndic ?

Les fautes graves d’un syndic incluent : l’absence de convocation de l’assemblée générale annuelle, le défaut d’ouverture d’un compte bancaire séparé, la non-exécution des décisions votées, les irrégularités comptables, l’engagement de travaux sans autorisation au-delà du seuil d’urgence, le refus de communiquer des documents au conseil syndical, et le défaut de souscription d’une assurance pour l’immeuble. Ces manquements justifient une révocation sans indemnité.


Quelles sont les nouvelles obligations des syndics de copropriété en 2025 ?

Les syndics doivent désormais proposer et mettre en œuvre le plan pluriannuel de travaux, maintenir un extranet sécurisé accessible à tous les copropriétaires, actualiser la fiche synthétique chaque année, veiller à la constitution du fonds de travaux renforcé, et s’assurer de la réalisation du DPE collectif. Le non-respect de ces obligations constitue un motif de mise en concurrence ou de révocation du syndic.


Comment modifier le règlement de copropriété ?

La modification du règlement de copropriété nécessite un vote en assemblée générale. Pour une modification simple (mise en conformité avec la loi), la majorité de l’article 24 suffit. Pour une modification des conditions de jouissance ou d’usage, la double majorité de l’article 26 est requise. Pour un changement de destination de l’immeuble, l’unanimité est nécessaire. La modification doit ensuite être publiée au service de la publicité foncière pour être opposable aux tiers.


Quel est le rôle du conseil syndical dans une copropriété ?

Le conseil syndical, composé de copropriétaires élus en assemblée générale, assiste le syndic et contrôle sa gestion. Il donne son avis sur les devis de travaux, vérifie la comptabilité, peut demander la communication de tout document, et rend compte de sa mission à l’assemblée générale. Il peut également convoquer une AG extraordinaire si le syndic est défaillant. Son président est l’interlocuteur privilégié entre les copropriétaires et le syndic.


Marie Dufour
Marie Dufour

Marie Dufour est agente immobilière indépendante à Quéven depuis 2008. Spécialisée dans le marché résidentiel du Morbihan, elle accompagne acheteurs et vendeurs avec un regard terrain et sans discours d'agence.