Acheter un bien immobilier en couple est une étape majeure, et quand on est pacsé, les règles du jeu diffèrent sensiblement de celles du mariage. Après dix-huit ans à accompagner des couples dans le Morbihan, je constate que beaucoup de partenaires pacsés ignorent les implications juridiques de leur statut au moment de signer un compromis. Pourtant, un achat immobilier et PACS mal préparé peut générer des conflits patrimoniaux douloureux, notamment en cas de séparation ou de décès. Voici mon guide complet pour sécuriser votre projet.
Dans cet article
- Le PACS implique par défaut le régime de la séparation de biens depuis 2007, ce qui change tout pour l’achat
- En indivision, chaque partenaire détient une quote-part proportionnelle à son apport réel
- Sans testament, le partenaire pacsé survivant n’hérite pas automatiquement du bien commun
- La clause de tontine permet au survivant de devenir seul propriétaire sans passer par la succession
- Les partenaires pacsés bénéficient d’une exonération totale de droits de succession entre eux
- Un acte notarié bien rédigé protège mieux qu’un PACS signé au tribunal
Sommaire
- PACS et achat immobilier : ce que dit la loi
- Pourquoi se pacser avant d’acheter un bien immobilier ?
- Les deux régimes patrimoniaux du PACS
- Indivision, tontine ou SCI : quel montage choisir ?
- Protéger son partenaire pacsé en cas de décès
- PACS, séparation et bien immobilier : anticiper la rupture
- Acheter seul en étant pacsé : est-ce possible ?
- Mes conseils pratiques pour un achat serein dans le Morbihan
PACS et achat immobilier : ce que dit la loi
Le PACS (Pacte Civil de Solidarité) est un contrat conclu entre deux personnes majeures pour organiser leur vie commune. Depuis la réforme du 1er janvier 2007 inscrite dans le Code civil, le régime légal par défaut est celui de la séparation de biens. Concrètement, chaque partenaire reste propriétaire de ce qu’il acquiert à titre personnel.
Pour un pacs et achat immobilier, cette règle a des conséquences directes. Si un seul partenaire finance l’acquisition, il en est le seul propriétaire, sauf mention contraire dans l’acte d’achat. Avant 2007, le régime par défaut était l’indivision à parts égales, ce qui créait parfois des situations injustes quand les apports étaient très déséquilibrés.
Le PACS ne confère pas les mêmes protections que le mariage en matière immobilière. Le partenaire pacsé ne bénéficie pas du droit au maintien dans le logement à vie, contrairement au conjoint marié. Il n’hérite pas non plus automatiquement. Ces différences, je les explique systématiquement à mes clients quévénois avant toute signature.

Pourquoi se pacser avant d’acheter un bien immobilier ?
Beaucoup de couples me demandent s’il est vraiment nécessaire de se pacser avant d’acheter. La réponse est non, ce n’est pas obligatoire, mais c’est souvent fortement recommandé. Voici pourquoi.
Le PACS crée un cadre juridique qui structure la relation patrimoniale entre les partenaires. Sans PACS ni mariage, vous achetez en simple indivision, sans aucune protection spécifique du Code civil réservée aux couples. En cas de litige, vous êtes traités comme deux étrangers ayant acheté ensemble.
L’avantage PACS achat immobilier le plus significatif est fiscal : les partenaires pacsés bénéficient d’une exonération totale des droits de succession entre eux, comme les époux mariés. Pour un bien à 250 000 € dans le Morbihan, cela représente une économie potentielle de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour le survivant, à condition d’avoir rédigé un testament.
Le PACS offre aussi une solidarité pour les dettes ménagères, ce qui rassure les banques lors de la demande de prêt immobilier. Les établissements de crédit apprécient cette sécurité supplémentaire et peuvent proposer des conditions plus avantageuses aux couples pacsés.
Les deux régimes patrimoniaux du PACS
Le choix du régime patrimonial influence directement la manière dont le bien sera détenu. Comprendre cette distinction est essentiel avant tout achat immobilier pacs.
Le régime de la séparation de biens (par défaut)
Depuis 2007, c’est le régime qui s’applique si vous ne précisez rien dans votre convention de PACS. Chaque partenaire est propriétaire de ce qu’il acquiert. Pour un achat à deux, vous êtes en indivision avec des quotes-parts qui doivent refléter l’apport réel de chacun.
Par exemple, si vous apportez 60 % du prix et votre partenaire 40 %, l’acte notarié doit mentionner cette répartition. En cas de séparation, chacun récupère sa part.
Le régime de l’indivision organisée
Ce régime, choisi volontairement dans la convention de PACS, prévoit que tous les biens acquis ensemble ou séparément pendant le PACS sont réputés indivis à 50/50. C’est une option à manier avec prudence : si un seul partenaire finance le bien, l’autre en détient tout de même la moitié.
| Critère | Séparation de biens (défaut) | Indivision organisée |
|---|---|---|
| Propriété du bien | Proportionnelle aux apports | 50/50 automatique |
| Protection en cas de séparation | Chacun récupère sa quote-part | Partage égalitaire |
| Simplicité de gestion | Nécessite de tracer chaque apport | Simple mais parfois injuste |
| Adapté quand | Apports inégaux | Apports et revenus équivalents |
| Risque principal | Oubli de mentionner les apports | Enrichissement injustifié d’un partenaire |
Indivision, tontine ou SCI : quel montage choisir ?
Au-delà du régime du PACS, le montage juridique de l’achat mérite une réflexion approfondie. Trois options principales s’offrent aux partenaires pacsés.

L’achat en indivision
C’est la solution la plus courante pour un achat immobilier PACS indivision. Chaque partenaire détient une quote-part du bien. L’acte notarié précise la répartition, idéalement en fonction des apports réels. En cas de désaccord, l’article 815 du Code civil prévoit que nul ne peut être contraint de rester dans l’indivision.
L’avantage de l’indivision est sa simplicité et son faible coût de mise en place. En revanche, les décisions importantes (vente, travaux lourds) nécessitent l’accord des deux partenaires, ce qui peut poser problème en cas de conflit.
Je recommande systématiquement à mes clients de signer une convention d’indivision chez le notaire. Ce document, valable cinq ans renouvelables, fixe les règles de gestion du bien et les modalités de sortie. Son coût, entre 500 et 1 500 €, est un investissement judicieux pour éviter bien des litiges.
La clause de tontine (clause d’accroissement)
Cette clause, insérée dans l’acte d’achat, prévoit que le survivant est réputé avoir été seul propriétaire du bien depuis l’origine. Le partenaire décédé est considéré comme n’ayant jamais été propriétaire. C’est une protection puissante, surtout quand on sait que le PACS achat immobilier décès est le sujet qui inquiète le plus mes clients.
Attention toutefois : la tontine est fiscalement avantageuse pour les partenaires pacsés uniquement si le bien constitue la résidence principale et que sa valeur ne dépasse pas 76 000 €. Au-delà, des droits de mutation à titre onéreux s’appliquent, ce qui peut être pénalisant pour les biens du Morbihan dont les prix ont augmenté ces dernières années.
La SCI (Société Civile Immobilière)
Créer une SCI permet aux partenaires pacsés de détenir des parts sociales plutôt que le bien directement. Cette structure offre une grande souplesse de gestion et facilite la transmission du patrimoine. Chaque partenaire peut céder progressivement ses parts, bénéficiant d’abattements fiscaux.
Cependant, la SCI implique des formalités administratives (comptabilité, assemblées générales, déclarations fiscales) et un coût de création d’environ 1 500 à 3 000 €. Elle se justifie surtout pour un investissement immobilier locatif ou quand le patrimoine est conséquent.
Protéger son partenaire pacsé en cas de décès
C’est le point le plus sensible et le moins bien compris. Est-ce que le PACS protège le conjoint ? La réponse est nuancée : le PACS offre une protection fiscale mais pas une protection successorale automatique.
Contrairement au mariage, le partenaire pacsé n’est pas héritier légal. Sans testament, il ne reçoit rien de la succession. Le bien revient intégralement aux héritiers du défunt (enfants, parents, fratrie). Le survivant peut se retrouver en indivision forcée avec la belle-famille, une situation que j’ai malheureusement vue se produire plusieurs fois.
Pour un PACS achat immobilier testament, la rédaction d’un testament est donc indispensable. Le partenaire survivant peut recevoir par testament :
- L’usufruit de la totalité du patrimoine du défunt
- Ou la pleine propriété de la quotité disponible (la part non réservée aux héritiers réservataires)
La bonne nouvelle : grâce au PACS, cette transmission est totalement exonérée de droits de succession. C’est un avantage considérable par rapport aux concubins, qui sont taxés à 60 % au-delà de 1 594 €.
Je conseille à tous mes clients pacsés dans le Morbihan de consulter un notaire pour rédiger un testament adapté. Les notaires en Bretagne connaissent bien ces problématiques et sauront vous orienter vers la meilleure solution.
PACS, séparation et bien immobilier : anticiper la rupture
Personne n’aime y penser, mais anticiper une PACS achat immobilier séparation est un acte de bon sens juridique. La dissolution du PACS est plus simple que le divorce, mais le partage du bien peut devenir compliqué.

En cas de rupture du PACS, le bien acheté en indivision doit être partagé. Trois scénarios sont possibles :
- La vente amiable : les deux partenaires s’accordent pour vendre et se répartir le prix selon leurs quotes-parts. C’est la solution la plus fluide.
- Le rachat de la part : un partenaire rachète la quote-part de l’autre. Il faudra alors financer ce rachat, souvent par un nouveau prêt, et s’acquitter des frais de notaire sur la part rachetée.
- Le partage judiciaire : en cas de désaccord, le tribunal ordonne le partage, voire la vente aux enchères du bien. Cette procédure est longue, coûteuse et souvent défavorable aux deux parties.
Pour le PACS et bien immobilier acquis avant le pacte, la règle est claire : ce bien reste la propriété exclusive de celui qui l’a acquis. Le PACS n’a aucun effet rétroactif sur les biens antérieurs, quel que soit le régime choisi.
Mon conseil : prévoyez dès l’achat une clause de rachat prioritaire dans la convention d’indivision. Elle permet au partenaire qui souhaite conserver le logement de bénéficier d’un droit de préemption sur la part de l’autre.
Acheter seul en étant pacsé : est-ce possible ?
Oui, il est tout à fait possible d’acheter un bien seul en étant pacsé. Sous le régime de la séparation de biens (le régime par défaut), le bien acquis par un seul partenaire lui appartient exclusivement, à condition que l’acte d’achat le mentionne clairement.
En revanche, sous le régime de l’indivision organisée, le bien acheté pendant le PACS est présumé appartenir aux deux partenaires à parts égales, même si un seul a financé l’acquisition. Pour échapper à cette présomption, il faut que l’acte notarié précise expressément que le bien est un bien personnel.
Cette question revient souvent quand l’un des partenaires dispose d’un héritage ou d’une épargne personnelle importante. Dans ce cas, je recommande de bien faire estimer le bien et de documenter précisément l’origine des fonds pour éviter toute contestation ultérieure.
Pour le financement bancaire, sachez que l’établissement prêteur peut exiger la co-signature du partenaire au titre de la solidarité des dettes ménagères, même si ce dernier n’est pas co-acquéreur. Renseignez-vous auprès de votre banque dès le début du projet.
Mes conseils pratiques pour un achat serein dans le Morbihan
Après avoir accompagné des centaines de couples sur le marché morbihannais, voici les étapes que je recommande systématiquement pour sécuriser un pacs achat immobilier.
Avant la signature du compromis :
- Consultez un notaire pour adapter votre convention de PACS à votre projet immobilier. Si votre PACS a été signé au tribunal avant 2007, vérifiez sous quel régime vous êtes.
- Définissez clairement les quotes-parts de chacun en fonction des apports personnels et du financement du prêt.
- Rédigez un testament croisé pour protéger le partenaire survivant. C’est indispensable, je ne le dirai jamais assez.
Lors de la signature chez le notaire :
- Vérifiez que l’acte mentionne précisément les apports de chacun (apport personnel, quote-part du prêt).
- Envisagez une convention d’indivision pour encadrer la gestion du bien et les modalités de sortie.
- Discutez de l’opportunité d’une clause de tontine si la valeur du bien le permet.
Pour le financement :
- Souscrivez une assurance emprunteur à 100 % sur chaque tête pour que le survivant n’ait plus de mensualités à régler.
- Renseignez-vous sur la taxe foncière dans votre commune pour anticiper les charges récurrentes.
- Si vous achetez dans l’ancien, budgétez les éventuels travaux de rénovation avec les aides disponibles en Bretagne.
Le marché immobilier dans le Morbihan reste dynamique, avec des prix qui varient fortement selon les communes. Que vous visiez Lorient, Quéven ou la côte, prenez le temps de bien structurer votre acquisition. Un investissement en loi Pinel à Lorient ou un achat résidentiel classique méritent la même rigueur juridique.
À retenir
- Rédigez un testament croisé dès la signature de l’acte d’achat pour protéger votre partenaire
- Mentionnez dans l’acte notarié les quotes-parts exactes correspondant aux apports réels de chacun
- Signez une convention d’indivision (500 à 1 500 €) pour encadrer la gestion du bien et la sortie éventuelle
- Souscrivez une assurance emprunteur à 100 % sur chaque tête pour sécuriser le remboursement en cas de décès
- Vérifiez le régime de votre PACS (séparation de biens ou indivision) avant tout engagement immobilier
Questions fréquentes
Pourquoi se pacser lors d’un achat immobilier ?
Se pacser avant un achat immobilier permet de bénéficier d’une exonération totale des droits de succession entre partenaires, d’un cadre juridique protecteur et d’une meilleure crédibilité auprès des banques grâce à la solidarité des dettes ménagères. Sans PACS ni mariage, les concubins sont taxés à 60 % en cas de succession.
Le PACS détermine le régime patrimonial applicable à l’achat. Sous le régime par défaut (séparation de biens), chaque partenaire est propriétaire à hauteur de son apport. Sous le régime d’indivision organisée, le bien est présumé appartenir à parts égales. Le PACS influence aussi les droits du survivant, les conditions du prêt bancaire et la fiscalité de la transmission.Quels sont les impacts d’un PACS sur l’achat immobilier ?
Le PACS offre une protection fiscale (exonération des droits de succession) mais pas de protection successorale automatique. Sans testament, le partenaire pacsé n’hérite de rien. Il est donc indispensable de rédiger un testament pour que le survivant puisse recevoir tout ou partie du patrimoine du défunt.Est-ce que le PACS protège le conjoint ?
Oui, c’est possible sous le régime de la séparation de biens, à condition que l’acte d’achat mentionne clairement que le bien est acquis par un seul partenaire avec ses fonds propres. Sous le régime d’indivision, il faut une mention expresse dans l’acte notarié pour exclure le bien de l’indivision.Puis-je acheter un bien immobilier seul en étant pacsé ?
En cas de dissolution du PACS, le bien acheté en indivision doit être partagé. Les partenaires peuvent opter pour une vente amiable, le rachat de la part par l’un d’eux, ou en dernier recours un partage judiciaire. La répartition se fait selon les quotes-parts inscrites dans l’acte d’achat.Que devient le bien immobilier en cas de séparation de partenaires pacsés ?
Absolument. Le partenaire pacsé n’étant pas héritier légal, le testament est le seul moyen de lui transmettre le bien immobilier. Sans testament, la part du défunt revient à ses héritiers de sang (enfants, parents, frères et sœurs), et le partenaire survivant peut se retrouver en indivision forcée avec eux.Faut-il un testament quand on est pacsé et propriétaire ?
Le mariage offre une protection plus complète (droit viager au logement, qualité d’héritier légal, régime de communauté possible), tandis que le PACS est plus souple et rapide à conclure. Pour un achat immobilier, le PACS suffit si les partenaires prennent les précautions nécessaires : testament, convention d’indivision et assurance emprunteur adaptée.PACS ou mariage : que choisir pour acheter un bien immobilier ?
Marie Dufour est agente immobilière indépendante à Quéven depuis 2008. Spécialisée dans le marché résidentiel du Morbihan, elle accompagne acheteurs et vendeurs avec un regard terrain et sans discours d'agence.